Il aime les oiseaux, le silence, et
...le bruit du vent dans mes arbres.
Lorsqu'il vient me voir, il appelle juste avant, pour éviter de déranger. Il descend maintenant doucement de sa voiture, prenant son
temps, évitants les embûches d'un chemin caillouteux qui pourrait le faire trébucher. Il fait cela avec sérénité, le regard tourné vers la cime des arbres, comme pour mieux entrevoir ses oiseaux
qu'il aime tant.
Nous prenons tout notre temps pour juste ne rien dire, assis dans le fauteuil sur la terrasse. Il a le regard d'un enfant devant
la nature qui s'éveille, tout l'enchante. Parfois sa mémoire s'égare un peu, mais bien vite il corrige, il sait, lorsque s'échappent ses pensées, les reprendre tranquillement et poursuivre la
conversation. Il veut des nouvelles de chacun, et manie l'ironie avec bienveillance devant les errements de ses enfants, des petits enfants, et de ses arrières petits fils.
Mon Père, mon papa, ma tendresse, ce prochain dimanche, le 10 mai, tu auras 85 ans. Et oui, quand on fait des enfants à 20 et 21 ans,
il faut s'attendre à n'être pas beacoup plus vieux que ses enfants:). Tu as traversé la vie en fulgurance, puis en souffrances, pour atteindre un rivage de sérénité souriante, de simplicité
généreuse. Tu as vu partir ton amour, puis ton dernier petit, tu as survécu à ces chagrins sans jamais te plaindre ou peser sur nos vies. Je t'aimes.
Voilà, j'avais envie d'écrire là, tout de suite, et partager cet instant passé avec mon Père, aujourd'hui. Il vient de rentrer chez
lui, et déjà il me manque...mais le rossignol se déchaîne, il n'est, àprès tout, peut etre pas parti?
Publié le 02/05/2009 à 19h00 dans LA VIE tout simplement