"Etre enchanté c'est réveiller en soi quelque chose qui chante"

                     François Garagnon


Stress

Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 16:42
Le premier dont je me souvienne, était autour d'une "petite maison grise". J'avais 5 ans je crois, car le souvenir qui me revient c'est une allée de graviers, assez longue pour apprendre à faire du vélo et mon père qui me lance, me soutient, m'encourage et...me lâche. Moi, à toute vitesse, sans prendre le temps de savoir comment on s'arrête ..chute..mais quelle fiertée, une première fois sans les "roulettes"..pemiers genoux couronnés!!

Le second jardin qui m'habite est celui de mes grands parents : une grande maison, entourée d'un parc dans lequel mon grand'père avait planté des arbres de toutes essences, des iris plein les massifs, des rosiers devant la maison, un  marronier avec la table pour le gouter...Au fond du jardin, un immense sapin sur lequel les 12 cousins et cousines grimpaient de branche en branche : tout en haut on était les rois du monde.

Pour le vélo c'était génial : il y avait la "grande descente" dans laquelle mes frères et cousins installaient des tremplins, nous nous lancions ma cousine et moi comme des dingues, cobayes des garçons qui eux, la plupart du temps se défilaient.

Il y avait la "petite descente", qui passait devant la cuisine, avec ma grand'mère qui sortait en criant : "pas si vite, tu vas tomber" Et paf, vive la prédiction!!! Que de chutes sur ces cailloux monstrueux...Mais quelle adrénaline de s'élancer chaque fois en se disant que oui, cette fois, on irait encore plus vite.

Il y avait aussi le jardin du fond : un sentier entre les buis où nous testions les voitures fabriquées par mon frère. Que de chutes, de robes déchirées, de fous rires et de larmes. Là était un buisson de framboise que l'on massacrait en tombant en plein coeur.. Un chataignier aussi, et les légumes de mon grand'père...

Il y avait le poulailler ou chaque matin nous allions porter à manger aux poules, les oeufs du matin, un régal...Il ya avait les cousins, les cousines, ma grand'mère, la tendresse, la rudesse...

Le troisième jardin où je flane parfois, est celui de la maison de mes parents : 13 chênes, une grande prairie, un potager plein de merveilles et ma mère, le derrière en l'air, penchée sur ses trésors, nous préparait les légumes du soleil, ceuillis avec amour, cuits avec tendresse.

Il y avait les poiriers, et le souvenir de nous deux, toi et moi, seuls au monde regardant le ciel...

il y avait le vieux landau que maman avait retapé pour son petit dernier : quelles rigolades lorsque nous te promenions la dedans Jean-pascal, tu riais aux éclats comme tu as toujours fait, déjà tout petit ton rire nous éclatait aux oreiles, et ce vieux landeau bleu indigo, comme on l'a préparé avec amour.

Il y avait un prunier derrière la maison, plein de prunes soleil, dont les abeilles se gavaient. On leur laissait le prunier, parce qu'une abeille à la maison, c'est du bonheur disait maman.

Il y avait le vieux puit à main : une pompe pour monter l'eau, une eau trop délicieuse. Souvenirs de mon père chaque matin qui pompait, qui pompait, un vrai shadock!!Et nous les "grands" on riait, de le voir regarder avec amour,  maman assise sur le petit banc de pierre, qui soignait les pétunias. Et oui, les pétunias : grands habitants de la maison, partout ils poussaient et jamais on ne s'en lassait.

J'avais 15 ans, le blues de l'adolescence dans la chaleur de l'été, je me souviens de ces après-midi toute en langueur, où je découvrais le monde avec un "transistor", radio qui captait le monde entier...

Un autre jardin habite mon souvenir : De gands eucalyptus, une allée qui n'en finit pas, un parc plein de mystères où couraient mes petitsf... L'odeur des eucalyptus qui ne me lâche pas, je cherche sans arrêt mes souvenirs dans cette odeur d'été. Ma toute première qui, à six mois découvre ses grands parents, et toujours l'odeur entetante des eucalyptus, mon ptit gars qui galope à l'assaut de la citerne, nous étions inconscients de laisser ces deux enfants courir ainsi, mais quelle magie...


et vint le petit jardin de chatou, ma maison, mon refuge, le nid de mon troisième bébé : du jour ou tu as dit : on n'aura pas de nouvel enfant tant qu'on n'aura pas une maison, je n'ai eu de cesse de la trouver...En trois semaines elle fut trouvée. Petite maison biscornue, pleine de nos joies, de nos chagrins, de nos vies. Jardin nu et triste qui devint peu à peu un ombrage  protégeant mes petits, jardin lilas, jardin rosiers, jardin poissons....combien de fois je me suis assise dans ce petit jardin, laissant aller mes pensées, puis reprenant le collier d'une vie intense. Et jardin qui fut aussi le refuge d'une "presque quatrième enfant", mon canard vert écorchée de la vie...oui je sais les poissons ont valsés à cette époque, Bouddha le chat : je t'ai vu!

Enfin, le paradis des lézards qui se voit en mutation perpétuelle, fleurs parfois, arbres souvent, herbe l'automne, cailloux l'été, il est le jardin de mes petits fils, né avec Tom. On ne s'y trompe pas d'ailleurs : à coté du petit banc de pierres, le tracteur se repose, le tobogan souffle un peu, et le bac à sable n'attend que la pelle de Joseph...Une histoire qui dure encore...




Mes jardins, souvenirs vivants, s'éclatent comme une bulle d'énergie : lorsque plus rien ne va, que tout me parait insurmontable, je me promène dans mes jardins et j'y trouve toutes les énergies utiles pour aller de l'avant, faire face, repartir...Nos souvenirs sont nos plus belles ressources, a condition toutefois de ne se "recharger" qu'en souvenirs précieux, forts et joyeux...

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 11:39

  En ces temps dits de "crise", il y a un mot qui revient en boucle : LE STRESS.


Il en est du stress comme de tous ces poncifs annoncés à grand coup d'hyper communication : on en use, on en abuse, on le met à toutes les sauces des formations, conseils, séminaires, thérapies!!!

Tout est dans le stress, au secours, je stress parce qu'autour de moi, on ne parles que de stressssssss!!!!

Pourtant, nous avons tous vécus de ces jours que l'on voudrait ne jamais revoir, nous avons tous été confrontés à une réalité inimaginable qui remet les pendules à l'heure, nous avons tous connus de ces "stress" réels, incontournables et...nous avons survécus.

Ce que je voudrais exprimer là, c'est que la médiatisation extrème de ce terme, ne permet pas de le traiter, ni d'en comprendre le mécanisme. Et la surenchère d'une crise annoncée, n'est pas de nature non plus, à apporter l'aide nécessaire à ceux qui sont confontés à des difficultés, des épreuves, ...du stress...

Comprendre le mécanisme du stress est un premier pas. Pour certains, ce processus bien intellectualisé, sera le déclic qui les mènera à une prise en charge plus personnelle. Pour d'autres, ce sera du charabia d'intellos qui ne leur apportera qu'ennui.

Mettre en place un processus d'identification, puis d'appropriation des éléments stressants serait pour d'autres, une bonne approche. Là encore, elle a ses limites. Qui dit processus, dit contrainte et parfois, le stress est arrivé à un niveau tel, qu'une simple contrainte peut tout faire basculer dans un blocage presque irrreversible. Quant à l'appropriation elle est si personnelle, qu'elle ne peut je crois, intervenir qu'après un chemin de réflexion, voire de médiation qui....est très compliqué à mettre en oeuvre lorsque justement, l'on est en état de "stress".

Alors pas de solution?

Si, je crois qu'il y DES solutions, qui ne sont pas stéréotypées, qui sont adaptées à l'évolution de chacun. Je ne crois pas aux "stages" anti-stress, je ne crois pas aux solutions comportementales brèves, je ne crois pas aux remèdes miracles, je ne crois pas à une seule solution mais en une multitudes de liens qui permettent d'entamer, pourquoi pas , une réflexion par un "stage", qui nous mènera peut-être à un parcours comportementale, ou une consultation thérapeutique, ou tout autre élément complémentaire. En fait, le stress est d'abord un processus mis en place par l'organisme pour nous protéger, il est un signal, dont on doit tenir compte. Si l'on ignore ce signal, si l'on se croit tout puissant, capable de résoudre seul un élément si complexe, alors il devient médical... Je résume, mais c'est important de prendre conscience de nos "warnings", de ces petits signes qui nous signifient que l'on devrait s'arrêter, juste s'arrêter pour "voir", comprendre, souffler.

Personnellement, dans des moments de stress intenses, j'ai pu organiser une sorte de processus qui m'a d'abord protégé de l'angoisse, et de la peur, puis, peu à peu, m'a permis de relativiser, et de découvrir une sérénité qui, chaque jour, sera renouvelée. Par contre, si je laisse les choses aller, alors je me retrouve au point de départ.

La lutte contre le stress pour moi, c'est la découverte de soi, d'abord et avant tout.


Il y a quelques années, j'ai écrit avec une amie, un petit dossier expliquant le processus du stress. Il permet de "comprendre".

stressdeclic.pdf stressdeclic.pdf


Ensuite :

"Connais-toi toi-même et tu connaitras l'univers et le monde"



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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Mercredi 18 juillet 2007 3 18 /07 /2007 17:41

RAOUUUUUUUU petit billet d'humeur à la sortie d'une journée un peu hard dans le cadre champêtre d'un déménagement au bord de la mer.


Comment réagissez-vous lorsque vous devez vous lever à 7 h du matin alors que vous êtes plutôt du genre 9h, et que vous faites 50 km pour aider votre père de 83 ans et sa femme de 76 ans à déménager d'un petit "une pièce" à un mignon 3 pièces au bord de la mer.? 

Comment régissez-vous lorsque votre frère et votre belle-soeur font 700km pour venir vous donner un coup de main dans cette entreprise qui vise à permettre à votre père et à sa femme de se retrouver dans un endroit sympathique pour vieillir dans la sérénité?

Comment réagissez-vous surtout, lorsque la dame en question vous accueille en s'écriant : ne touchez pas à mes affaires, et fait durer le plaisir toute la journée, pour terminer en apothéose, les bras en croix devant le DERNIER placard à vider pour vous interdire de le vider?

Comment réagissez-vous lorsque vous savez que si vous ne videz pas ce fichu dernier placard, votre père le lendemain se verra intimer l'ordre de venir le faire lui-même et qu'il devra monter son dernier étage, les bras chargés de ces ultimes produits, tous plus inutiles les uns que les autres, mais dont la "dame" ne peut plus se séparer.

OUI je sais, je dois être patiente car à 76 ans il est difficile de lâcher-prise.
OUI je sais, la fragilité de la vieillesse exige de l'indulgence
Oui je sais, peut-être suis-je parfois de parti-pris : la dame  n'est pas ma mère, 

Mais qu'il est difficile parfois de constater que certains vieillards sont si doux, si généreux, si ouverts, et que d'autres sont nombriliques, égoïstes et critiques. 

Vous devez vous demandez comment moi j'ai réagis : heu, au début zen, cool, humour et super patience, puis au moment du dernier placard, la fatigue et la chaleur aidant, mon verni de zenitude a craqué et elle a reçu le cadeau de toute l'accumulation d'une journée de dingue. Et croyez-le ou non, la sanction semble l'avoir calmée. 

Bien aidé en cela par l'intervention musclée, fermet et patiente de mon frère. Des mots ont été prononcés par les uns et les autres, des maux (ça va comment le poignet?) ont été la sanction d'une fatigue inutile due à la pression.

Mais nous n'étions pas trop de quatre pour mener à bien ce premier épisode d'un déménagement annoncé..

Suite le 13 août pour l'arrivée des meubles contenus dans un quatre pièces à transférer dans un trois pièces, déjà plein comme un oeuf d'inutiles objets. 

Dans la famille "je déstresse" je demande mon frère, mon homme, ma belle soeur  : merci de cet humour, de cette patience, de cette complicité. Ouiiiii nous vaincrons les petits sacs plastiques, les tringles à rideaux qui ne tiendront plus jamais de rideaux mais que l'on garde au cas "ou", les cartons éclatés défaits, refaits, revus et corrigés, les dix huit sacs "poubelle" qui voyagent du camion, à la voiture, de la voiture au camion, du camion  à l'appartement, de l'appartement au camion. Ouiiii nous vaincrons et surtout, si un jour nous devenons aussi pénibles, que l'un de nos enfants ait le courage de mettre un baillon, de nous envoyer à la plage, de nous enfermer dans la salle de bain : nous, nous n'avons pas -encore- osé.

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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