Mercredi 10 février 2010
3
10
/02
/2010
23:03
Elles sont les mères de ces enfants qui se cherchent ou qui se sont trouvés, enfin de ces enfants vous savez, ceux qui partent vivre
loin, ceux dont l'horizon est la maison, ceux dont les yeux s'illuminent sac au dos, rêves en tête et qui partent loin, plus loin et si loin encore.
Les mères vagabondes sont les mères de ces enfants là, elles qui les ont élevés dans ce gout de liberté, se retrouvent un beau matin
les mains vides, et le coeur en berne, restant sur le bord du chemin, ou au pied d'un escalator lumineux, ou agitant un au revoir derrière une voiture pleine à craquer qui file sur une route déjà
perdue.
Depuis le départ de ma fille, puis de mon fils (parti et revenu:), je ne cesse de rencontrer de ces mères vagabondes qui ne se
savent pas encore "vagabondes", et qui pleurent un peu, beaucoup parfois, devant ce départ incompris, ou bien compris mais qui fait mal. Alors je me souviens, et je reprend nos conciliabules
avant leur départ, je reprends mon cheminement après ces départs, je compare, je mesure, je dis des mots qui parfois rassurent.
Et ce soir, il me sont venus là ces deux mots accolés : mère et vagabonde...J'aime assez ce duo, il résonne en moi comme quelque
chose d'un peu fantoche, il me donne le sentiment d'être moi-même sur la route, sac au dos, à la recherche de mes petits qui s'éparpillent pour mieux nous retrouver. Etre vagabonde c'est être
disponible pour prendre un avion sur un coup de tête parce que ta voix un matin a été un peu voilée, alors je donne un "alibi", et pfff, je le trouve ce billet d'avion pour chez toi. J'ai fait
cela souvent les premières années, ne restant que quelques jours et pourtant, comme ils étaient importants ces jours-là. C'est s'offrir un séjour, "invité" chez lui, partager son quotidien, puis
rentrer pleins de ses émotions aussi, c'est partager l'émerveillement de la découverte du pays qu'ils se choisissent.
Etre vagabonde c'est aussi s'offrir le plaisir de bouger pour rejoindre la joie, bouger et s'abonner aux fauteuils étriqués des avions bon marchés, s'offrir aussi comme un cadeau, un
surclassement lorsque le petit TOM fête ses dix ans, et se dire qu'être grandmamie wagabonde c'est encore mieux en classe affaire :)
Les mères vagabondes pleurent souvent le soir, lorsque le blues est là, mais elles sont fortes aussi, fières de leurs petits. Tous ces
témoignages qui m'arrivent sont émouvants et tellement forts. Donner à nos enfants le gout de la liberté c'est lâcher leurs mains alors qu'on aurait voulu ne jamais les quitter. Et le faire en
toute lucidité, avec tant de lumière au coeur, que mêmes nos chagrins leurs sont des étendards.
FInalement, toute mère est une vagabonde, une de celle qui va faire des kilomètres pour bercer le petit qui souffre, celui qui ne va
pas bien, celui qui a besoin. Et même sans déplacement, nos coeurs son vagabonds, errant dans les espaces de vos enfances pas terminées, de nos angoisses mal cachées.
Oui, je voudrais fonder le club des mères vgabondes, un cercle de tendresse où les mains se croiseraient tout autour de la terre :
toutes les mains des mères vagabondes veillant sur leurs peits, et sur les petits des autres mères vagabondes...
C'est tout art d'être mère vagabonde, savoir doser l'espoir, cacher l'inquiétude, ne pas parler de solitude. Cest aussi de belles
ballades, des découvertes à chaque escale, le bonheur répété de chaque instant passé ensemble, c'est au fil des années, supprimer peu à peu les bagages, pour ne mettre dans les valises que les
cadeaux aux petits, et n'avoir au final, qu'un petit sac facile à faire, facile à défaire, léger et peu encombrant (ca ce n'est pas gagné encore, j'ai du travail...) Etre vagabonde c'est refuser
la fatalité des horaires imposés, des vacances attendues, des départs reportés. C'est vivre l'instant comme il se présente, en le savourant comme une pomme sucrée.
Je dédie ce texte à Line, Monique, Cathy, IZA, Jo, et tant d'autres mamans qui ont vu leurs enfants grimper dans un avion, prendre un
train, remplir une voiture, et filer vers leurs vies, heureux, fiers et triomphants. Nous pouvons être fières de nos enfants, ils ont su faire de nous des MERES VAGABONDES....et quelque part,
c'est vraiment amusant quand on y pense d'être mère vagabonde. Si, si, promis, au bout du compte, c'est surprenant comme on prend gout à ces voyages, à ces départs, à ces arrivées, à ces calins,
à ces attentes... Laissons sur le bord du chemin le chagrin car il ne reflète pas la réalité : nos enfants sont heureux alors sur quoi pleurons nous? Sur ce que nous avons semble t'il perdu? Nous
avons échangé un petit dépendant, contre un adulte triomphant. NE JAMAIS OUBLIER CELA...et repartir dans nos vagabondages, le coeur étreind parfois, l'âme joyeuse toujours. Ils sont beaux nos
enfants dont l'horizon voudrait être la maison...
Amitiés,
Jane la Pipellette de la Grande
Coucou Michèle,
Juste pour te dire que j'ai commencé "la survivante" hier soir....
Tu te prépares à retrouver tes cariboux ? Maman vagabonde !
Bonne journée.
Alexia
Je voyage sans problèmes sur Corsair, en classe club, pas la classe club d'AF ...et beaucoup d'avantages, par contre Corsair ne va pas à Montréal l'hiver ...
Bonne journée.