Le cœur des mères se liquéfie, devient tempête, ravageur et impuissant. Les larmes de ma fille, secouée de sanglots, seule
au fond du jardin, à la fin de l'été...Les larmes de son fils, à l'orée de l'automne, qui perd ses copains, sa maitresse, et puis la main de Lou...Du fond de la souffrance je sais moi, qu'il y a,
comme un éclair, une petite étoile, un espace minuscule qui construit l'avenir. Pourtant, non, jamais, je ne pourrais supporter les larmes de mes enfants, de mes petits enfants. C'est ma
fragilité, mon talon d'Achille, ma faiblesse Lorsque pleurent nos enfants, le cœur des mères devient fragile.
Aujourd'hui ils pleurent, et demain sera bleu, jaune, éclatant, de rires et de jeunesse, d'espoirs aussi. Pourtant, une blessure est là, qui ne s'éteindra pas. Et je
n'aime pas, vraiment pas, que ma fille vive cette déchirure : les larmes de son fils. Je voudrais parfois prendre cette souffrance, l'éviter, l'évincer, la chasser. Mais ils grandissent nos
enfants, et il leur faut affronter à leur tour les larmes de leurs enfants. Je n'ai pas le droit de prendre, d'éviter, d'évincer ou de chasser ce qui leur appartient.
Alors du fond de ma mémoire, j'irais chercher la tendresse d'une grand'mère pour prendre la main du petit, la tendresse d'une mère pour bercer la grande, le rire de
la jeunesse, les histoires d'enfance, tout ce "fatras" de grand’ mamie, dans son rôle, à sa place...sur le fil du rasoir, évitant de prendre ce qui ne m'appartient pas, trouvant les mots qui font
rebondir, qui donnent le sourire, les jeux d'enfance qui fabriquent les souvenirs. Facile d'écrire, moins simple d'être en toute authenticité disponible sans envahir, à l'écoute sans intrusion, inquiète sans peser, attentive
simplement...
Quand pleurent nos enfants, le cœur des mères s'affole : comment calmer la folie qui s'installe alors qu'ils ont besoin de tant de sérénité? Serais-je à la hauteur?
Je sais que certaines théories nous parlent de "résilience", et tout ce baratin. Intellectuellement, ca me va, mais franchement les mères, ca vous dit quoi à vous de voir pleurer vos enfants? Ca
vous rassure de savoir qu'ils "peuvent" se construire sur leurs épreuves? Au moment du chagrin, c'est la rage qui envahit, puis la tristesse aussi, malgré toutes les théories, quand pleurent nos
enfants, le cœur des mères lui rugit...
comme je me retrouve dans cet écrit !!!! depuis 2 années , j'ai appris ( mais ne le savais-je pas déjà ?) que les larmes de nos enfants sont autant de coup de poignard, des larmes que l'on oublient pas et qui restent graver à jamais en nous, des larmes qui on souvent un gout de " pourquoi lui ??" .....les larmes de nos enfants ne sont qu'injustice !! val
Commentaire n°1
posté par
valérie
le 19/09/2009 à 19h25
Ah oui Michelle, les mots sont très beaux, il faut laisser les enfants connaitre la souffrance, il faut les laisser trébucher, voire tomber, ils doivent vivre les mauvais comme les bons moments, sans doute tout cela est il vrai, nous ne voulons pas des mauviettes, n'est ce pas? Mais voir pleurer sa fille, voir son petit bout, triste, comment ne pas se sentir déchiré, comment ne pas avoir envie de retourner le monde pour que ces larmes de nos enfants chéris se tarissent? Et est ce normal, supportable pour une maman de voir ses enfants, se tromper, s'enfoncer dans leur erreur, perdre leur belle et créative jeunesse, leurs possibilités futures? Boufff, Michelle, que c'est dur d'ètre mêre, peut-être si j'avais plusieurs enfants serait ce plus vivable? Ou serait ce souffrances multipliées par X enfants? Je te laisse MIchelle, je vais profiter de ce beau crépuscule dans le jardin, je t'embrasse. Hélène
Commentaire n°2
posté par
Hélène d'Espagne
le 19/09/2009 à 20h03
j'ai bien compris que vous viviez des moments dificiles, ton petit fils, ta fille cherie, et toi bien sur, ya place de maman, de gd'maman...
je pense bien à vous, à elle, à eux.
Marie claire
Commentaire n°3
posté par
maclai974
le 19/09/2009 à 22h43
Chère chère chère Michelle... Le coeur des mamans, il peut pas faire autrement que pleurer. Et même, rien qu'à te lire, je pleure. Et quand je la lis, je pleure aussi. Groumph. Vous faites rien qu'à me faire pleurer vous zots. Les mamans, c'est bon pour quand ça déborde. Elle viendra se jeter dans tes jupes, y pleurer son trop plein, et j'ai envie de te dire, "quelle chance elle a!" Moi, c'est mes oreillers qui récupèrent ces larmes là. Pour les reste, elle a les coupines. Elle va tanguer. Elle va merder. Elle est pas seule. On est plein plein à l'aimer, à la trouver belle, et courageuse, elle et son ptipou. C'est la vie, elle se relèvera. C'est une blessure, ça deviendra une force de plus. Pour ptipou aussi. Pis moi j'ai une Lou en réserve. Sérieux, c'est pas rien ça... Je te charrie sur fessebook, mais maman veille, c'est bien. Moi je suis là pour le rire et les bras autour. (Et la gelée de thé à la violette...) Mille baisers tendres. A bientôt sur le petit banc.
Commentaire n°4
posté par
Audrey
le 20/09/2009 à 11h56
C'est magnifique, comme vous savez trouver les mots.
Mon coeur de maman en est tout bouleversé.
Commentaire n°5
posté par
Myriam
le 30/09/2009 à 21h40
il est certain que voir pleurer son grand enfant est bien difficile
apprendre au détour d'un blog qu'apprivoiser le handicap de son anfant lui a été si douloureux... nous qui l'entourions de tout notre amour, ce n'était certainement pas assez... d'y penser j'en
suis encore toute chamboulée!
Et pourtant elle donne bien le change cette coquine, et qu'est ce que je les aime mes enfants, viscéralement mais... le savent ils assez???
bien à vous qui mettez si bien des mots sur les maux.
Commentaire n°6
posté par
Geneviève
le 02/10/2009 à 16h50
Encore faut-il qu'elle soit là, la maman....
Bernadette maman de Johanne
Commentaire n°7
posté par
Poumama
le 08/10/2009 à 10h58
depuis 2 années , j'ai appris ( mais ne le savais-je pas déjà ?) que les larmes de nos enfants sont autant de coup de poignard, des larmes que l'on oublient pas et qui restent graver à jamais en nous, des larmes qui on souvent un gout de " pourquoi lui ??" .....les larmes de nos enfants ne sont qu'injustice !!
val
Boufff, Michelle, que c'est dur d'ètre mêre, peut-être si j'avais plusieurs enfants serait ce plus vivable? Ou serait ce souffrances multipliées par X enfants?
Je te laisse MIchelle, je vais profiter de ce beau crépuscule dans le jardin, je t'embrasse.
Hélène
je pense bien à vous, à elle, à eux.
Marie claire
Le coeur des mamans, il peut pas faire autrement que pleurer.
Et même, rien qu'à te lire, je pleure.
Et quand je la lis, je pleure aussi.
Groumph.
Vous faites rien qu'à me faire pleurer vous zots.
Les mamans, c'est bon pour quand ça déborde.
Elle viendra se jeter dans tes jupes, y pleurer son trop plein, et j'ai envie de te dire, "quelle chance elle a!" Moi, c'est mes oreillers qui récupèrent ces larmes là.
Pour les reste, elle a les coupines.
Elle va tanguer.
Elle va merder.
Elle est pas seule.
On est plein plein à l'aimer, à la trouver belle, et courageuse, elle et son ptipou.
C'est la vie, elle se relèvera.
C'est une blessure, ça deviendra une force de plus.
Pour ptipou aussi.
Pis moi j'ai une Lou en réserve.
Sérieux, c'est pas rien ça...
Je te charrie sur fessebook, mais maman veille, c'est bien.
Moi je suis là pour le rire et les bras autour.
(Et la gelée de thé à la violette...)
Mille baisers tendres.
A bientôt sur le petit banc.
Mon coeur de maman en est tout bouleversé.
apprendre au détour d'un blog qu'apprivoiser le handicap de son anfant lui a été si douloureux... nous qui l'entourions de tout notre amour, ce n'était certainement pas assez... d'y penser j'en suis encore toute chamboulée!
Et pourtant elle donne bien le change cette coquine, et qu'est ce que je les aime mes enfants, viscéralement mais... le savent ils assez???
bien à vous qui mettez si bien des mots sur les maux.
Bernadette maman de Johanne