"Etre enchanté c'est réveiller en soi quelque chose qui chante"

                     François Garagnon


Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /2008 23:42

 Demain c’est ton anniversaire. Tu aurais eu 47 ans, tu te serais jeté dans le fauteuil jaune près de la cheminée, et dans un grand éclat de rire tu aurais dit : « tu seras toujours la plus vieille ma vieille bique, c’est comme ça, plus vieille que moi » et ensemble nous aurions commencé cette joute oratoire sur l’âge, la signification du nombre des années, l’expérience, la sagesse. Je sais tout ce que tu aurais dit parce que tu me l’a dit chaque année, pour ton anniversaire.

On aurait fait un poulet au citron, que tu aurais cuisiné, j’aurais dit que moi, je le rate toujours, et tu aurais répondu : « normal, c’est une recette secrète », et comme d’habitude, nous aurions encore entamé une joute oratoire, à qui bâcherait l’autre, à qui aurait le dernier mot.

C’est le silence là, ce soir. J’attends demain,  je me dis, qu’il y a 47 ans, maman et papa filaient à la clinique. Le lendemain j’ai été tellement scotchée : un nouveau petit frère, trois ça commence à faire beaucoup de garçon là. Puis je t’ai découvert, le bleu de tes yeux étincelait déjà du rire éclatant qui a jalonné ta vie. Je ne sais que cela de toi : « un garçon qui riait », cheveux au vent, prêt à s’envoler pour d’autres jardins.

Ce tout petit garçon est toujours au creux de mon cœur. L’absence ne pèse pas quand on est habité  par l’âme de ceux que l’on a tant aimé.

Mais quand même tu sais, j’aurais voulu, les fêter à tes côtés ces anniversaires manquants : les tiens, les miens, les 21ans de ton petit bouchon, ceux de nos frères, ceux de notre père. Chaque fois on te sait pas très loin, mais chaque fois, il y a comme un air glacé qui nous paralyse un instant : ce serait tellement bon de te serrer encore tout contre nous, et de rire avec toi.

Ce soir mes bras sont vides de toi, et je me surprends à rejeter la mémoire qui me mène parfois à ces larmes de souvenirs, mais bien vite j’entends un immense éclat de rire, tu te moques, tu ris, tu me secoues de vannes, tu es là, pas loin, juste à côté.

Bon anniversaire Jean-pascal. Le 9 septembre est un jour de joie, tu es né ce jour là, et avec toi, un nouvel amour m’a été donné.

Par Michelle Bourgoin
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Commentaires

c'est vraiment tres beau ce que tu as ecris je tiens moi aussi a souhaiter un joyeux anniversaire a mon papa qui me manque tant meme si je le sens pres de moi tous les jours!!!! je t'aime papa
Commentaire n°1 posté par lenaik le 09/09/2008 à 18h13
que c'est beau de lire tout cet amour!
On ressent tous les bons moments entre frère et soeur, la complicité, l'amour.
Commentaire n°2 posté par calvo carole le 13/09/2008 à 09h35
Que c'est beau,et bien sûr vous avez raison,il est là,juste là,tout près,les gens que l'on aime ne disparaissent jamais vraiment....
Je vous embrasse.
maman de Romain.
Commentaire n°3 posté par nath le 23/09/2008 à 18h11

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