"Etre enchanté c'est réveiller en soi quelque chose qui chante"

                     François Garagnon


Dimanche 9 novembre 2008 7 09 /11 /2008 15:51
Je déteste les avions lorsque mes enfants sont dedans. Je déteste les avions lorsqu'ils partent sans moi, je déteste les avions tant que je ne sais pas qu'ils sont bien arrivés...

Aujourd'hui j'ai le coeur un peu blues : ma toute première, ma grande, ma si pareille et tellement autre,  est venue et repartie dans son Québec adoptif. Elle rejoint ses amours, sa vie, ses choix. Je me retrouve ici les mains ouvertes, et les bras vides, le coeur si plein de tout ce que je n'ai pas dit, les yeux brillants, le sourire tremblant.

Si l'on rajoute à ça les jouets de Joseph qui sont sagement retournés dans leur placard, attendant en piaffant, la prochaine visite, les prochaines vacances...

alors oui un peu de blues et beaucoup de joie aussi : ils sont bien dans leur vie, bien dans leurs choix.

Et ce blues devient comme un petit nuage bleu, rigolo, qui se gondole devant mon humeur. C'est quoi un blues ? Juste de l'amour en fusion qui se fait nuage, qui s'étire et s'envole comme s'il voulait simplement dire : je t'aime , à celle qui vole si loin, à celui qui reviendra, à l'amie qui peu à peu retrouve l'espoir, à celle qui encore s'interroge sur son avenir...Un nuage pétillant de malice, qui me dit aussi : arrête de te prendre le coeur dans le filet des regrets, il y a tant de choses à partager.

Et oui, avoir le blues c'est un peu comique quand on sait tout ce que la vie m'offre de joies et de bonheur. Il me faut bien pourtant en convenir : ce tout petit nuage bleu, si je n'y prend garde risque bien parfois de devenir orage gris. C'est fou comme je me laisse  envahir par de fausses raisons, d'innomables émotions. Il y a tant pourtant à partager de tout ce qui est bon. Alors ouste, le blues, reste comme un petit nuage bleu qui porte à chacun un peu de sa  lumière, de sa  vitalité, et beaucoup l'amour aussi.

Je vais devoir inventer la machine à transformer le blues en nuage bleu. Un coup de peinture, un zeste d'humour, un souffle d'émotion, un fou rire du fond du panier...Il en faut des choses pour faire un nuage bleu.

En attendant ce soir, que l'avion retrouve son anonymat d'avion "sans ma fille dedans", je paufine la machine à souffler sur le nuage bleu : je crois qu'il sait déjà où il va se rendre pour donner un peu d'énergie, de tendresse, d'espoir.
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Lundi 20 octobre 2008 1 20 /10 /2008 15:27
La porte s’ouvre…
                                 Je lâche tout, mon sac tombe, et je ne sais plus que faire de mes bras. 

Dans tes yeux , CLAIRE, une lumière de larmes, que j’entrevois à travers un brouillard. Le cœur bat la chamade et nous prenons chacune en plein cœur quarante années de silence, quarante années sans se voir, quarante années qui n’effacent rien de notre enfance, de notre adolescence . En un instant fulgurant, il m’apparait que nous sommes chacune porteuse des souvenirs de l’autre : chez toi, …mes frères, …ta grand’mère, …ma mère, …ta sœur…..

Et tu me dis : c’est toi, et je ne peux même pas répondre « oui » , tant la  voix ne peut dire ce qui est si fort ressenti. Je ne vois rien de ce qui se passe autour de nous, tout est figé, comme un instant éternel où l’âme dit que rien n’a changé, tout est à sa place, tu es là, je suis là, nous avons 18ans et hier je riais avec toi.

De la maternelle à nos vingt ans nous avons refait le monde à l’angle de la rue, chez mes parents, chez toi aussi. Mêlant nos rêves à la réalité, imaginant « plus tard » comme un eldorado lointain, rien, ni personne alors ne pouvait nous faire imaginer que nos chemins seraient si longtemps éloignés. L’amitié était alors notre seul chemin. Tu étais le roc, j’étais le feu, tu étais le refuge, j’étais l’impossible, tu étais sage, j’étais folle, et nos discussions nous menaient à cet équilibre que j’ai tant recherché depuis tout ce temps.

Départs, études, mariages, décès….toutes circonstances qui auraient pu casser la tendresse, la complicité, l’émotion.

Mais ce soir en passant cette porte, tes yeux me disent l’amitié tant cherchée, les désirs de se retrouver, les rêves communs de ces retours impossibles… Pour ton anniversaire, cette porte qui s’ouvre, tant d’amitié autour de toi, de celles que l’on a connu, de nouvelles pour toi au fil de ta vie…

Et moi ce soir, je suis sur un nuage, je regarde chacun comme un miracle, ma vie tout à coup se renoue à un passé enfoui, que je pensais perdu.

Alors merci HELENE, toi qui a su mettre ton nez dans un « copain d’avant » sur lequel par « hasard » j’avais tenté de vous retrouver. Toi qui a été chercher chacun, chacune pour renouer les liens de l’enfance. Merci Hélène, pour ce temps passé à nous "renouer"qui nous a permi aussi de nous retrouver.

Nous referons le monde parce qu’à 60 ans, tout est possible. Je viens de voir une rétrospective de la vie de sœur Emmanuelle : elle a commencé sa plus belle œuvre à …sa retraite. Alors oui, pour nous, tout est encore possible, en commençant par ton voyage au Népal, Claire, rêve inaccessible, qui aujourd’hui devient une si belle réalité.

Je voudrais pour toi, tout le bonheur du monde, je voudrais pour nous, des instants revenus du cœur de notre enfance, et le rire-émotion qui chante lorsque nous nous retrouvons.

Très bon anniversaire Claire, et merci pour « QUI« tu es. De la petite fille à la grand’mère joyeuse, quarante ont passés, pourtant j’ai retrouvé mon amie.
A bientôt, les filles, (oui oui, nos z'homs aussi) au pays des lézards pour des fous rires, des rêves, de la complicité.
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Jeudi 9 octobre 2008 4 09 /10 /2008 11:15
Il est des jours où tout est gris, le ciel, les nuages, le temps. Les jours-pluies nous paraissent plus longs, plus tristes, moins joyeux. Pourtant, l'eau qui nourrit la terre, peut aussi nourrir l'âme. Si nous savons tendre les mains, cette eau du ciel lave nos colères, permet de renouer avec l'esprit du monde.

L'eau c'est la vie, et elle tombe ce matin au pays des lézards.

Je vais de ce clic, faire de cette journée une journée-pluie-joyeuse, pour l'offrir à tous ceux qui, au fond d'un lit, enfermés dans la maladie, ne peuvent faire ce geste si simple : tendre les mains vers le ciel, pour recueillir quelques gouttes de pluie, quelques gouttes de vie.


Lorsque ma vie s'écoule dans la facilité, la tranquilité, j'ai souvent comme une sorte de retrait, petite culpabilité tenace, petite voix du fond de moi qui me répète : chance, chance, ris, profites... Si l'on pouvait transmettre cette sérénité-cadeau j'en ferais un paquet pour Jo, Mireille, Romains (avec un S car il y a plusieurs Romains) Aymeric, Seb, Sophie, Noa,,Dd et tant d'autres.

Des "paquets-d'eau -de- pluie- joyeuse" pour illuminer une journée difficile.  Si la pensée, comme on le dit, a tant de pouvoir, alors que les petits paquets prennent leur envol pour une journée lumineuse à tous ceux qui ne peuvent tendre les mains vers le ciel, dehors, sous la pluie qui ...tient, mais oui, tombe à travers le soleil qui pointe son nez. Ce pays est fantastiques : même quand il pleut, le soleil ne peut s'empêcher de montrer son nez
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Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Mardi 7 octobre 2008 2 07 /10 /2008 20:02
Combien de fois entendons-nous ou lisons-nous cette petite phrase? Elle nous fait bondir, réagir, exploser. J'aime assez cette réaction car elle me parle de territoires auxquels je ne devrais pas avoir accès. Lorsque cette expression me frappe, c'est que j'ai franchi, en m'exprimant, des limites qui ne m'appartiennent pas, ou que la personne qui l'exprime, le perçoit ainsi.

De quoi vous mêlez-vous? Généralement, celui qui exprime cette question a lui-même franchi une ligne qui a dû me paraître à moi-même, excessive. Ma réaction utilise alors plus les  "il faut, tu dois" plutôt que le questionnement : pourquoi, comment?

Lorsque je reçois cette remarque "de quoi vous mêlez vous" ce n'est jamais dans l 'exercice de mon métier, car justement, mon métier aujourd'hui m'amène à "me mêler de". Je le fais en questionnement, l'autre ne l'entend pas comme une agression, mais comme une balise pour avancer lui-même.

Comment se fait-il que parfois, dans la vie quotidienne, dans les échanges quotidiens, il m'arrive de déraper et de m'entendre dire "de quoi vous mêlez-vous"?

Il ya deux éléments essentiels à considérer :

1 Ma propre perception de la discussion. J'interviens avec des mots, des expressions qui sont percus comme des contraintes, voire des jugements. J'interviens en croyant pouvoir le faire, en imaginant que je suis sur "mon" territoire", que je ne dépasses pas les limites acceptables.

2 La perception de l'autre. Il s'exprime pour se défendre, ayant perçu comme une entrave à sa propre liberté, une remise en cause sans concession, voire un jugement inéluctable. Il se sent piégé, et ressent un empiètement sur son propre territoire.

Cette notion de "dépassement des limites" me parait intéressante. Jusqu'où va l'interventionisme? Jusqu'où se situe le territoire de l'autre? Et lorsque j'interviens, est ce pour une cause juste ou plus certainement, pour avoir "raison"? A qui appartient ce sujet sur lequel j'interviens? Qui est concerné? Pourquoi est-ce que j'imagine que je peux le faire? Qu'est-ce qui m'y autorise?

Parfois l'autre imagine que j'ai empiété sur ses prérogatives, alors que je suis dans mon rôle, parfois non. Parfois nos deux interventions concernent une autre personne, et nous nous "mêlons" à deux de ce qui n'est pas de notre responsabilité.

Mais ce qui est le plus intéressant, ce sont les réactions exacerbées des deux protagonistes : on perd l'essentiel, le but initial, et on s'embarque dans une discussion qui n'a plus rien à voir avec l'objet initial. Ce qui signifie certainement que chacun reste sur ses positions, que rien n'a avancé. Dommage...

Oui, ce soir, je n'ai pas trop envie de "me mêler de quoi que ce soit", laissant à qui se pense Responsable, la liberté de le faire ou non. Vouloir avoir raison n'est pas raisonner, ce n'est bien souvent que le cheminement personnel d'une perception que l'on pense universelle. Je me méfie de ces vérités que l'on assène comme des lois alors qu'elles ne sont que le reflet de nos propres faiblesses.

Chacun doit pouvoir s'éclairer de ses propres erreurs, et cette petite réflexion me permet de garder un point d'interrogation ouvert : De quoi vous mêlez-vous? A moi d'y répondre en mesurant en toute humilité, mon niveau de responsabilité.



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : L'agressivié
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Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /2008 11:36
Au coeur de nos métiers, au quotidien dans notre vie, dans la vie professionnelle, dans la vie familiale, nous sommes  confrontés à un dilemne :" ce que je fais est bien fait, si ce n'est pas moi qui le fais, est ce que ca sera si bien fait, ca va plus vite de le faire que de le faire faire" etc...

ALors surviens le stress, la surcharge, l'épuisement, les contraintes que l'on se donne. Apprendre à déléguer est pour moi un acte de survie :) Et la délégation s'apprend, ce n'est pas un "art inné", une attitude normale, un comportement automatique. Déléguer demande des efforts, du temps, de la réflexion, que ce soit dans la vie professionnelle ou dans la vie personnelle. Et déléguer permet aussi de faire grandir celui à qui l'on délègue.

Mais au juste, c'est quoi la délégation :  Se débarasser d'une corvée sur quelq'un? Donner un travail à quelqu'un, lui confier la responsabilité? Apprendre une nouvelle tâche à une personne? C'est facile? Difficile? Compliqué? Utile?

La première qualité qui me vient à l'esprit lorsque je parle de délégation, est : le lâcher prise...Lâcher prise sur ses certitudes, accepter de consacrer du temps, et autoriser l'autre à devenir meilleur que moi. Connaître la puissance de la satisfaction en donnant l'autonomie, plutôt que de garder le pouvoir de la connaissance en contrôlant tout autour de moi.

La différence entre Pouvoir et  Puissance? Le pouvoir utilise la force, la puissance utilise l'ouverture. On devient puissant pour soi et pour les autres, le jour où l'on a compris que le partage de la connaissance est une porte qui s'ouvre pour d'autres chemins pour soi-même. Déléguer pour moi, est l'art de la transmission.

Pour passer à autre chose, ailleurs, autrement???




Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Coaching
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Lundi 8 septembre 2008 1 08 /09 /2008 23:42

 Demain c’est ton anniversaire. Tu aurais eu 47 ans, tu te serais jeté dans le fauteuil jaune près de la cheminée, et dans un grand éclat de rire tu aurais dit : « tu seras toujours la plus vieille ma vieille bique, c’est comme ça, plus vieille que moi » et ensemble nous aurions commencé cette joute oratoire sur l’âge, la signification du nombre des années, l’expérience, la sagesse. Je sais tout ce que tu aurais dit parce que tu me l’a dit chaque année, pour ton anniversaire.

On aurait fait un poulet au citron, que tu aurais cuisiné, j’aurais dit que moi, je le rate toujours, et tu aurais répondu : « normal, c’est une recette secrète », et comme d’habitude, nous aurions encore entamé une joute oratoire, à qui bâcherait l’autre, à qui aurait le dernier mot.

C’est le silence là, ce soir. J’attends demain,  je me dis, qu’il y a 47 ans, maman et papa filaient à la clinique. Le lendemain j’ai été tellement scotchée : un nouveau petit frère, trois ça commence à faire beaucoup de garçon là. Puis je t’ai découvert, le bleu de tes yeux étincelait déjà du rire éclatant qui a jalonné ta vie. Je ne sais que cela de toi : « un garçon qui riait », cheveux au vent, prêt à s’envoler pour d’autres jardins.

Ce tout petit garçon est toujours au creux de mon cœur. L’absence ne pèse pas quand on est habité  par l’âme de ceux que l’on a tant aimé.

Mais quand même tu sais, j’aurais voulu, les fêter à tes côtés ces anniversaires manquants : les tiens, les miens, les 21ans de ton petit bouchon, ceux de nos frères, ceux de notre père. Chaque fois on te sait pas très loin, mais chaque fois, il y a comme un air glacé qui nous paralyse un instant : ce serait tellement bon de te serrer encore tout contre nous, et de rire avec toi.

Ce soir mes bras sont vides de toi, et je me surprends à rejeter la mémoire qui me mène parfois à ces larmes de souvenirs, mais bien vite j’entends un immense éclat de rire, tu te moques, tu ris, tu me secoues de vannes, tu es là, pas loin, juste à côté.

Bon anniversaire Jean-pascal. Le 9 septembre est un jour de joie, tu es né ce jour là, et avec toi, un nouvel amour m’a été donné.

Par Michelle Bourgoin
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Jeudi 4 septembre 2008 4 04 /09 /2008 11:36
J'ai trois ans, je m'appelle Joseph, et hier je suis rentré à l'école pour la première fois.

Hier, j'ai eu le coeur serré, et après le départ de papa et maman, j'ai pleuré..un peu juste ...après leur départ, mais aussi, j'ai bien mangé, et personne ne m'a "volé" mon repas. Pour faire pipi, un supergentilmonsieur est venu avec moi, on a oublié ma veste sur un meuble, mais tant pis, maman l'a retrouvée en venant me chercher. C'était bien hier l'école. Ah oui j'oubliais : pour faire pipi les toilettes sont toutes petites, comme ça je tombe pas dedans,  Et j'ai fait un beau dessin, du coté du papier où c'est écrit, moi c'est là que je dessines le mieux.
c'est bien l'école.

Ce matin, on est parti avec papa et maman encore : ben oui, il faut bien être trois pour le deuxième jour, parce que le premier jour on ne sait pas ce qui nous attend, mais le deuxième, on sait, alors on a un peu peur encore. En arrivant dans la cour, j'étais content, un peu "peur" encore, mais content,  même que j'ai lâché la main de papa et maman, du coup il y avait tant de monde que j'ai un peu perdu maman, elle est restée derrrière, je l'ai vite retrouvée.

Ala porte de ma classe, il y avait plein de mamanventouses, scotchées à la porte, du coup, c'est papa qui m'a accompagné, maman a été empechée. En arrivant à la porte, j'hésitais encore un peu : normal non? Il me faut un peu de temps pour digérer le monde des papas-mamans, et le monde de l'école.

Et là, je ne sais pas ce qui s'est passé, la maitresse a pris MON étiquette qui est autour de MON cou, elle m'a pas dit bonjour mais a pris mon poignet en le serrant si fort, que j'ai eu mal, pas mal au poignet, mais mal quand même dans moi, et là ben oui, je le confesse avec délectation :

J AI HURLE, j'ai hurlé mon indignation, ma rage, ma frustration : MOI JE VOULAIS ENTRER TOUT SEUL DANS LA CLASSE, je voulais m'approprier ce monde à MA façon, et il n'était pas utile de me serrer si fort et de tenter de m'empecher de ressortir avec ses jambes....


On m'a dit tout l'été : ne tapes pas les copains (heu oui, parfois je fais la bagarre, alors ...) et là, la maîtresse utilise un geste brutal, pour me forcer à faire .....ce que je faisais sans problème. Il me fallait juste le temps, juste le temps...

Les grands souvent, ils pensent qu'ils savent tout, qu'eux seuls savent ce qui est bon pour nous, mais moi, je sais bien que la plupart du temps, je sais ce qui est bon pour moi, si on me laissait le temps de le vivre, de le sentir, de m'apprivoiser quoi.

Là, je suis à l'école et tout va bien (ca c'est grand'mamie qui l'écrit, je pense qu'elle prie très fort pour que "tout va bien), et ce soir, maman vient me chercher avec l'écharpe parce que l'écharpe c'est ce qui console, je me fais tout petit contre elle dans son dos, et tous les deux, le nez au vent, nous affrontons le monde dans un immense calin.
 
L'écharpe c'est le symbole des mamans : elles portent toute leur vie leurs bébés sur le dos, même quand ils chaussent du 46 comme tonton cédric , ou qu'ils téléphonent à leur mère comme maman et tatane ,un matin de rentrée scolaire pour dire tout le chagrin, la rage, l'impuissance devant un simple geste banal qui fait mal "au dedans", ou pour raconter comment Tom a craqué puis comment Tom a bien géré sa rentrée finalement.

Oui, nous les mamans, nous les portons toute notre vie nos petits et l'accompagnement des étapes à franchir est parfois amusant, souvent ardu, quelquefois difficile : comment protéger nos enfants tout en évitant la surprotection? Comment  défendre nos enfants sans leur donner le sentiment de la toute puissance? Comment communiquer avec une maitresses certes surchargée, certes compétente (on le souhaite), mais si hermétique au simple bon sens?

Pfffff etre Grand'mamie c'est le pire du pire : on a vécu ces trucs, et voilà qu'ils nous sont renvoyés, amplifiés ...Le sentiment d'impuissance est immense...Apprendre à lâcher prise...se dire que les "grands" s'en sont bien sortis", soutenir, aimer, mettre les bras en "écharpe" pour bercer à l'infini...Aller les filles, vos petits si petits deviendront des grands si grands, et vous êtes de bonnes mamans, alors pas de panique, tant que vous êtes là pour eux et qu'ils le savent, vos enfants sont en sécurité.



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Samedi 16 août 2008 6 16 /08 /2008 19:03
Les vacances des petits au pays des lézards, c'est le rêve, la magie, la tendresse, la découverte de leurs découvertes.

Chaque jour apporte une bouffée de tendresse : "cé maman au téléphone!" 

quelques airs de détresse :"lé ou papa?" et "je savais pas que ce serait si dur, 5 semaines loin des parents",  

de grandes flaques de bonheur : "regardes Grand'mamie, la montre a dit que c'est l'heure de se lever" ou "toujours je veux revenir ici pour mes vacances",

des moments de lassitude : "on fait la bagarre" ou "jm'ennuie, chaipaskoifaire" ...

Et le lien entre le "grand" et le "petit" qui se manifeste par tant de petites choses qui resteront à jamais ancrées dans leurs souvenirs.

Plus tard, après leur départ, c'est comme un accouchement : on ne se souvient que des  bonheurs, alors pourquoi me suis je laissé parfois envahir par cette fatigue? Pourquoi n'ais je pas su profiter de leur présence sans me prendre la tête, pourquoi n'ais je pas su être plus disponible?

Comme chaque année, le jardin semble se replier sur lui-même, malgré le tobogan qui s'acharne à rester à la même place et les jouets que l'on retrouve dans le lit ou bien caché sous un fauteuil...Le chien vous cherche toujours les garçons, et les chats enfin peuvent profiter du soleil sans craindre des caresses trop vives.

ALors oui l'an prochain nous reprendrons nos vacances, en les préparant mieux : on évitera de vous tremper dans l'eau la nuit mes petits grimlins :)



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 25 juillet 2008 5 25 /07 /2008 18:42
Lorsque tu es né, mon fils, tes yeux grands ouverts sur le monde ont été la première marque que tu as faite en mon coeur. Regard curieux, perçant, presque noir : un regard empli de connaissance, d'expérience...

AU cours de ta petite enfance, deux choses attiraient l'attention chez toi : ton rire et tes yeux...Lorsque nous partions en ballade, ta soeur, la poussette et toi, combien de fois avons nous dû nous arrêter pour discuter avec des personnes qui étaient scotchées par ton rire, et le regard toujours aussi fort qui, tel un aimant, attirait l'attention sur toi.

Puis vint un jour, où ton regard s'est un peu voilé, le rire est devenu sourire...parfois. Nous nous trouvions alors devant un petit garçon solitaire, entré dans son monde. On dit que la myopie est l'un des moyen qui nous est offert pour ne pas voir ce qui nous gêne...On le dit...Peut -etre est un peu vrai?

L'adolescence fu marquée par cet accident, qui fit de ton regard une blessure indélébile pendant tant d'années. Je ne pouvais me souvenir de ce jour, sans ressentir ta souffrance. Toi, tu me disais : j'ai oublié.

Les lunettes me disais tu sont des outils gênants, j'ai envie d'être moi-même, de retrouver une vison normale. Alors tu as sauté le pas, et aujourd'hui te voilà au fond de ton lit, avec mal au crâne et ....une nouvelle vison toute neuve mais....pour demain seulement, ce soir, c'est lunettes encore:)

Les yeux de mon fils seront toujours pour moi, avec ou sans lunettes, une fontaine lumineuse d'amour et de tendresse, de curiosité et d'humour, de perplexité et d'interrogation. Les yeux de mon fils....Vivement demain, que tu me dises que tout va bien, que tu y vois encore "plus mieux" comme dans ton enfance. Ce soir, je m'inquiète encore un peu :):)


Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Samedi 19 juillet 2008 6 19 /07 /2008 20:51
Et son grand'père le suit, pour de nouvelles aventures chez Mickey, puis nouvelles provisions de tendresse chez son autre Mamie. Mon petit Caribou a quitté ce matin, le pays des lézards.

Joseph inquiet, voulait prendre le "gand crain" avec Tom. Il nous a fallut des arguments falacieux pour le convaincre de rester avec moi : oui, nous allions tous les deux acheter des "ninefottantes" (iles flottantes : sa nouvelle passion gastronomique".

Hier soir, Tom a eu "sa" soirée : gauffres devant Bambi 2 et Stich, puis, après le couché du petit, une baignade la nuit dans la piscine. Il se demandait si vraiment j'étais sérieuse : une grand'mamie, ca se baigne la nuit   ?

Un peu d'inquiétude quand même au fond de ses yeux : le train, et quinze jours à Paris... Comme sa maman autrefois, je sens que pointe l'angoisse, alors on refait le sac, on vérifie que tout est dedans, on se di que oui, l'an prochain sera encore mieux et que bientôt, un petit paquet arrivera au Québec car il a fait sa liste de "bonnes choses de France".

Comme ces départs sont plein de leçon. Il me disait : mes parents me manquent, et je lui dis : tu me manques aussi. Alors son regard se perd comme si, vraiment non, ce n'est pas pareil. Un papa et une maman, ca manque plus qu'un petit fils dans sa tête. Et finalement, il a raison : quand on est vieux, on sait que la distance n'est pas l'absence. Mais on apprend cela après tant de chagrins, que je ne voudrais pas qu'il l'apprenne trop tôt, ou alors, je voudrais le lui transmettre sans qu'il ne vive la souffrance.

Après avoir déposé mes deux "hommes" au train, nous voilà Joseph et moi de retour dans la voiture. Très vite, j'entends une petite chanson  derrière moi, comme une litanie : "Tom est pati dans le gand crain, tom est pati dans le gand crain" puis le sommeil terrasse la petite terreur qui refusait le doudou trois minutes avant.

J'avais promis des "ninefotante" et j'ai zappé....Le petit se réveille en larmes à quelques mètres de la maison : Grandmamie, les nineflottantes. Et hop, demi tour, à nous le supermarché, un samedi midi, jour d'arrivée des vacanciers.
Et au dessert devinez quoi? Il a mangé....une ile flottante.

De ces trois semaines je garde, le souvenir de ces deux petits cousins qui ont tissés un lien tellement fort, que leur séparation n'a été qu'un immense calin et l'assurance de Tom : toi et moi, on se reverra Joseph, on se reverra...Et comme chaque fois, un vieux regret qui traîne : ais-je vraiment profité de ces instants fugaces, ces "minutes papillons" comme dit le Nours, celles qui jalonnent la vie d'un enfant, qui le construisent et qui nous permettent de marquer en leur coeur toute la tendresse du monde.? Que gardera Tom de ces trois semaines de vacances? Avons-nous transmis à notre petit fils, la mémoire d'une tendresse ancestrale qui fera de l'homme qu'il sera un homme "debout"? Peut etre.

Et demain matin, le petit Joseph saura bien me rappeler, que rien n'est terminé : la montre dira qu'il est l'heure de se "éveiller" et de construire avec celui-là aussi, les souvenirs qui alimenteront sa personnalité plus tard. Peut-etre.

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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