Comme une étoile éteinte juste avant qu'il n'arrive, comme une étoile éteinte juste après son passage, comme une étoile filante,
vibrante, rayonnante, l'INSTANT est là, intangible, insaisissable et fulgurant.
Ma vie est composée d'Instants que je n'allumes jamais.
Je me dis ce matin, qu'une fois de plus, je voudrais être quelqu'un qui fait de chaque instant de sa vie quelque chose
d'extraordinaire. Extraordinaire dans le sens de "connaître et sentir" la vie de cet instant, vibrer et rayonner comme cette étoile
filante qui crée la suivante, pour agir, grandir, faire grandir aussi.
Je voudrais, je voudrais, et en écrivant ceci, je perd mon étoile dans des "Je" inutiles....
L'instant se vit aux autres, partagé, irradiant une lumière commune. Seul, en méditation, il peut parfois ouvrir un univers nouveau,
si et seulement si, cet univers est partagé pour un monde meilleur, éclairé, lumineux. L'instant est toute ma vie qui défile à grand train, et moi pauvre innocente, le découvre parfois, au détour
d'une épreuve, d'une joie magnifique. Il est là, saisissant, enseignant, magnifique, parfois fracassant de douleur. Et puis le lendemain, je reprends le cours de mes "moments" accolés les uns aux
autres, d'une vie quotidienne, que je n'éclaire plus.
Je ne sais pas encore comment vivre chaque instant de ma vie comme s'il était unique. J'essaie, je m'entraîne, je tente et recommence,
mais le plus souvent, je me retrouve assise sur le bord du chemin, regardant filer mon étoile, qui s'éteind, qui en allume une autre, qui s'éteind, qui ....
Amusant : j'ouvres ce petit livre qui chaque jour, égrène quelques mots au jour du calendrier. Ce petit livre, je
l'aime bien, il est vieux, abimé, usé, mais je l'ai partagé avec mon P'tit frère, des mois durant. On se lançait chacun les mots au téléphone, plaisantant sur notre incapacité à bien
comprendre...Et aujourd'hui, il dit :
"En vivant pleinement et de manière splendide dans l'éternel présent, tu es toujours aussi
jeune que le présent."....
Le monde des grands est trop petit : Joseph adore cette chanson, alors ce matin, je l'ai déposée ici pour lui. Petit clin
d'oeil à mon tout petit si grand déjà, qui rêve en dansant sur des chansons "à lui". Et oui, le Soldat Rose, c'est l'histoire du "Petit Joseph" qui est attendu par sa maman dans un grand
magasin.
Une petite photo pour se remonter le moral : les lézards ont enfin les pattes au sec, le soleil vient caresser les nouvelles plantation, et je me prévois un après-midi de
travail....
au soleil dans le jardin.
Et pour bien vivre cette journée, quelques lignes lues "par hasard" hier soir : "Tu es un tout petit monde à l'intérieur de toi-même. Quand il y aura Paix, Harmonie, Amour et Compréhension tout au
fond de ton tout petit monde, cela se reflètera dans le monde extérieur tout autour de toi. Lorsque tu peux le faire, tu commences à contribuer et à remédier à la situation du
monde"...
Rien ne va plus au pays des lézards, le ciel pleure à fendre l'âme, et se met au diapazon de nos tristesses.
Alors ce matin, devant ce désastre, une question me vient : comment illuminer le ciel lorsqu'il a tant de chagrin? Doit-on le
laisser exprimer son désarroi et lui permettre par ses larmes, de se laver de ses angoisses? Doit-on chercher au fond de nous-même l'éclair de lumière qui réchauffera la terre ? Doit-on faire
de sa vie quotidienne une petite lampe vaillante qui, additionnée aux milliers de petites lampes, mettront un arc en ciel dans la vie?
Quel pouvoir avons-nous face à la détresse? Celle du ciel et celle des hommes? En ces temps où le mot "CRISE" s'élève comme un
étandard, où l'on tue des bébés et ceux qui les défendent, où des milliers d'enfants hurlent sous les bombes, je me dis que je dois inventer une vie nouvelle, pour que chaque détresse trouve
son contraire, pour que chaque terre trouve son soleil, pour que la pluie du ciel et de l'âme, nourrisse et ne noie pas. Si moi j'inventes, d'autres le font aussi, et tous ces "inventeurs"
pourront y changer quelque chose.
Dur dur, d'inventer plutôt que de reproduire les shémas anciens.
Etre attentif à chacun, individuellement, ne pas se laisser envahir par la morosité alors que notre vie est sans contexte une belle
vie, s'ouvrir à ceux qui souffrent et soulager par les mots, les caresses, la tendresse, donner ce qui n'est plus utile et qui sera un trésor pour d'autres, sourire, sourire, sourire et avancer
toujours. Découvrir notre "talent" particulier, et le partager largement. Apprendre, écouter, inventer. Nous sommes les acteurs d'un nouveau monde à inventer.
Hier j'ai quitté le petit Joseph, (non pas celui du Soldat Rose), et me revoilà au pays des lézards. Dans le train, hier soir, mes
pensées se sont envolées dans tous les sens, allant de Joseph, à Tom, et élargissant leur horizon à tous ceux que je cotoie ici, sur le blog, et là, dans la vie quotidienne. Chacun porte son lot
de joies et de souffrances. Et bien entendu, quand je cogite ainsi, je commence à me prendre la tête : inquiétudes de mère, de grand'mère, d'amie.....
Ce matin, il pleut sur les lézards. Les nouvelles plantations lèvent le nez de plaisir, alors que les humains froncent le nez de déplaisir. La vie se nourrit de
l'eau du ciel, et pourtant, en même temps, cette eau bienfaitrice nous laisse un goût désagréable de gêne. Jamais contents ces z'humains.
De fil en fil, mes pensées se disent que la vie, tout simplement, c'est un quotidien avec lequel je dois composer.
Je peux choisir de le vivre dans la souffrance en anticipant un avenir morose, voire dramatique, je peux aussi choisir de le vivre dans la sérénité, en étant
pleinement consciente de l'instant qui m' est offert. Cette attitude ne nie pas la souffrance, elle me permet d'ÊTRE quelqu'un qui a la possibilité de partager, de savourer, de vivre chaque
instant de sa vie comme étant l'unique, celui qui changera un petit quelque chose dans le monde.
Je peux choisir de subir le temps qui passe comme une corvée, ou une habitude, sans élargir ma vision à autre chose que mon petit train-train du jour, je peux aussi
choisir de vivre pleinement le temps immédiat, comme un miracle, qui me permet tout à coup d'inventer de nouvelles ouvertures, des chemins inattendus.
En ces temps de "crise" où l'on nous annonce à longeur de journaux que demain sera pire qu'aujourd'hui, je me dois d'aller vers des possibles impossibles,
d'inventer l'instant qui vient comme une vie nouvelle que jamais encore je n'ai vécue. Alors, alors peut-être, aurais-je mis dans le monde une petite pierre nouvelle qui fera pour nos
petits-enfants, une humanité généreuse et lumineuse. Le monde est fait de petites pierres lumineuses et généreuses, à moi d'en allumer une, puis une autre, et une autre encore.
effacer un message, je voudrais tant qu'il n'ai pas eu de raison d'exister, je voudrais tant lire que la Vie l'emporte malgré tout,
mais non, ce que je voudrais n'est pas.
Alors ce soir je m'interroge : comment t'apporter ce dont tu as besoin, aujourd'hui, demain, chaque jour? Que puis-je faire, ou qui
puis-je être pour que tu trouves à mes côtés une source vive qui te porte? Comment accompagner l'indicible? Comment, être en toute simplicité, celle qui écoutes, celle qui pleure avec toi, celle
qui met de l'humour dans le quotidien, celle qui tout simplement, apporte une petite part de soulagement?
On dit que les mots et les pensées ont un pouvoir. Ce soir tout cela me semble dérisoire. Pourtant, j'aimerais tant avoir le pouvoir
d'être pour toi un pilier, un roc, un berceau, un volcan. Tout ce dont tu pourrais avoir besoin sur le chemin qui se présente à toi. On apporte bien du soulagement à la souffrance, alors pourquoi
ne pourrait-t'on pas être à tes côtés dans la solitude infinie qui s'annonce pour toi?
Ce soir, une bougie vacille dans la nuit comme un chant de tendresse.
Un chant qui parle de ce lien qu'on ne brise jamais, qui vibre de la musique insoupconnée entre mère et enfants, qui tisse une liane solide au coeur de
tous ceux qui ce soir, sont brisés de détresse.
Comme je voudrais....
Mais non, "je veux "n'existe pas, il ne reste que que "je t'aime" pour être à tes côtés, pas à pas, jusqu'àu bout.
Nos bougies chanterons pour toi Jo, on les entendra jusque dans l'espace infini promis. En attendant, Jo, à demain, chez toi, sur ton
blog, pour t'apporter ce que TOI tu demanderas de nous.lToc Toc TOc
Il y a 28 ans, tu étais toute petite comme "ca"...pas encore née à cette heure là, et pourtant bousculante, anarchique, étonnante mais
je ne savais pas qu'il y avait un "e" à la fin de tes adjectifs : l'échographie n'avait montré que ta bonne santé, tu nous tournais le dos...déjà...pour une belle surprise.
C'est vers cette heure là que je suis partie pour soi-disant dormir, laissant ton papa devant je ne sais plus quel film, mon dieu, j'ai oublié, comment ais-je
pu oublier ce film que ...je n'ai jamais vu...
Dans le grand lit, de la chambre du bas, je caressais tes ondulations en me demandant si tu allais te calmer ou te décider à venir. Mais non, tu as attendu que ton
père s'endorme pour frapper plus fort.
Nous avons réveillé Anne et Cédric, ils sont descendus dormir dans le grand lit du bas, la chienne Plume sur les pieds, JAson et Mitsie de l'autre coté.
J'avais lu le livre "la chambre des dames" un peu plu tôt, et j'avais rêvée de leur pelisse en fourrure, fourrure à l'intérieur du vêtement, alors ton papa m'a
offert un manteau-pelisse dans lequel je nous ai plié comme j'ai pu : on débordait un peu ...et la main dans la main, nous sommes partis à l'hôpital.
Arrivée un peu angoissante : trop de tension m'dame...Et voilà qu'on nous laisse dans un couloir, parce que ...tu vas prendre ton temps. Du coup, on rit un peu, on
se dit "à dmin", et papa rentre bien vite à la maison : jamais on n'a laissé les enfants seuls, on n'aime pas ça du tout, alors chacun son job : lui avec la tribu, moi avec la dernière arrivée
qui s'annonce. En même temps, on n'aurait pu difficilement faire l'inverse.
Cette longue nuit avec toi est un souvenir étrange : j'entendais les mamans qui arrivaient, les bébés qui annoncaient leur venue au monde, la sage femme qui me
visitait en coup de vent...14 naissances, que des garçons....Et nous, on aurait bien aimé une.....fille...La sage femme riait en me disant : vous bavardez tellement avec cet enfant qu'il ne va
pas vouloir vous quitter...Elle repars, et nous replongons toi et moi dans notre conciliabule étrange. Je te racontais la maison, la vie comment ça sera, ton frère, ta soeur, le chien, les chats.
Je te disais que ca allait être un moment dur, mais que j'étais là, avec toi, comme je le serais toujours, même quand tu ne me verras plus. Je te disais que nous ferions de belles choses
ensemble, que tu aurais une belle vie, que...;que....que....et je m'endormais entre deux contractions. Toutes les 10minutes, jusqu'à la fin qui fut.....un peu rapide, vu que la sage femme épuisée
s'était endormie et que j'ai dû l'appeler un peu tard.
A 9h30 papa pointe son nez, et annonce pas très fier : il faut que j'aille bosser là....Dehors, tout est gelé, et lorsque je regardes par la fenêtre, je vois un
oiseau qui piaille...Allez savoir pourquoi, j'ai vu ou entendu un oiseau à chaque naissance...Allez savoir pourquoi...Bon, là ca commence à bien faire, ca traine trop, il faut que tu arrives
et...
te voilà....tu ne respires pas, moi non plus, personne ne respires dans cette pièce, c'est comme une bulle de parenthèse, une vie...pffffffffff ouiiiiiiii enfin
j'entends ta voix, et tu rampes jusqu'à moi...Une floppée de médecins entrent et viennent t'admirer l'air de rien. J'ai su ensuite qu'ils ont été appelés de pédiatrie...
Petite fille toute rose, tu hurles ta rage sous un robinet duquel je te fais sortir en hurlant plus fort que toi : interdiction de sauvager GAÏLLE....J'ai hurlé ton
nom, et....tu n'a plus rien dit, étant enfin reconnue tu as posé ta tête sur mon épaule, et tu as attendu...ton père.
Quand il est arrivé, il ne savait pas que tu étais une petite fille, on lui a dit : le bébé est né, on n'a pas le droit de vous dire....Et ton regard noir l'a
accroché dès son entrée, pour ne plus le lâcher. Je crois qu'à cet instant il a su, que de ses trois enfants, tu serais celle qui lâcherais rien...Trois jours tu as tenu, le fixant dès son
arrivée pour ne pas le lâcher.
Et chaque année, nous découvrons ensemble un nouveau mois de janvier, qui te mène à ta vie, qui me ramène à la mienne. J'aime vos anniversaires, ils marquent vos évolutions, vos victoires, vos
fragilités. J
e voudrais te faire une provision d'amour, de calins, de tendresse, pour les moments baroques, sans neige, sans soleil. Je voudrais te construire une forteresse de lumière, pour tes hivers si
sombres, je voudrais t'offrir ...mais non, je dois te laisser acquérir ce que je voudrais tant t'offrir. Ëtre maman, c'est recommencer chaque fois un chemin à l'envers : ne pas faire à ta place,
te laisser faire ta place, être là et devenir transparente, partir sans disparaître.
BON ANNIVERSAIRE GAÏLLE, tu as 28 ans et j'ai le sentiment que je berce mon tout petit bébé, flocon de janvier, né avec la neige, en prenant tout ton temps pour
savourer la vie qui s'annonce.
Je voudrais pour tous ceux qui passent par ici, une année de Lumière pour être réchauffé, pour la vision d'un monde meilleur, pour
que chaque instant de votre vie soit éclairé et joyeux. La Lumière c'est la Vie et l'Amour aussi. Lorsque les jours sombres nous envahissent, inutile d'entamer un combat incertain, il suffit
d'allumer une Lumière pour que peu à peu, notre vie s'éclaire.
Je crois fondamentalement en la puissance des mots, lorsqu'ils sont irradiés, volontaires et sincères. Je crois que nous avons tous le
pouvoir d'agir en prenant ce que l'on nous offre, en offrant ce que l'on souhaites le plus fort. Alors, pour cette année 2009 :
JE VOUS SOUHAITES A TOUS UNE ANNEE DE LUMIERE.
Un peu de numérologie : 2009 est une année de
type "11".
Petit extrait du livre : La vie secrète des chiffres" de Kevin quinn avery
L'année 11 est une année pour mettre en pratique de nouveaux idéaux. .....Sous ce signe surgiront beaucoup d'idées nouvelles, beaucoup d'inspiration, de révélations.
La numérologie est intéressante, mais ne se limite pas à ces quelques lignes. Pourtant, lorsque je lis : de nouveaux idéaux...je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui souffrent dans le
monde. Une année universelle 2009 en type 11...De nouveaux idéaux....Ce serait bien ça non? Souhaitons nous le meilleur.
Je refermes doucement la porte de l'année, cherchant en chaque mois, chaque jour, chaque instant, tout ce que j'ai appris, tout ce que
j'ai pu donner, tout ce qui m'a transformé.
Je refermes doucement la porte de l'année en prenant bien mon temps, afin de mesurer ce que je dois mettre dans mon prochain sac à dos
: expériences acquises, émotions vécues, rencontres importantes, mains tendues, réconforts, et chagrins aussi.
Et cette question lancinante : qu'ais je fait cette année, ce mois, ce jour pour améliorer le monde qui m'entoure?
Non, je ne dirais à personne aujourd'hui : Bonne année, car je n'ai pas encore terminé de remplir mon sac pour demain. Mes souhaits,
lorsque je les les émets, sont puisés au coeur de tout ce que j'ai pu vivre, ils sont sincères, tonitruants, et j'espère efficaces. Mais pour me préparer à des souhaits utiles, il me faut encore
prendre le temps...
Vivre pleinement cette fin de journée pour que demain, soit le jour nouveau d'une nouvelle année, riche de l'expérience, sans regrets
ni remords, pleine de connaissance, l'espoir chevillé au corps : que chaque instant de ma vie soit extraordinaire. Dans le sens de : vibrant, vivant, lumineux, positif et
agissant.
Pffffff, beau programme, et en attendant, je laisses encore la porte de 2008 entr'ouverte.
Tom, Joseph, Ewan, Sasha et...une certaine petite Lou...
Alors voilà les enfants, cette années vous n'êtes pas là, et il a bien fallu que je me débrouille pour les décorations de Noël. Heureusement, Platonet Aristote ont eu une idée.
Suivez le guide en photo :
Ensuite allons plus loin, près du petit banc de pierre,
où l'on se repose le soir, où les oiseaux viennent boire,
où parfois, une ombre fugitive semble s'y trouver bien j'y ai mis un papillon pour s'envoler, des boules de lumière,
une pomme de pin pour se réchauffer et...juste à coté :
Et oui, il fallait bien un petit ange au nez rouge...
Et si vous venez au pays des lézards, peut etre verrez vous d'autres choses bizarres comme une boule mauve sur un prunier, un bibifoc sur le pommier, et tant d'autres choses encore.
En rentrant dans
la maison, pas de sapin de noël : UN FICUS DE NOEL....
ET ouiiiiii JOSEPH, dis à ta maman, que le petit ange qui tient un mouton dans ses bras, est bien là. Avec tigrou et pas mal d'autres choses.....
Et pour finir, je vous prends dans mes bras mes ptits loups, en allumant une bougie pour que
brille dans la nuit une étoile qui réchauffe le coeur de tous ceux qui ce soir, sont tristes, fatigués, cassés. Que vos petites mains autour de mon cou, fasse un collier de tendresse que nous
lacherons comme des oiseaux au-dessus du petit banc de pierre... Très doux Noêl...que les oiseaux chantent pour vous.
Interrogation : les mots recèlent -ils une force particulière? Parfois je suis surprise des réactions engendrées par des mots
que j'ai pu prononcer ou écrire. Ils font naître ou ils détruisent, ils projettent ou ils construisent, ils rejettent ou ils imaginent...
C'est drôle comme quelques caractères mis l'un à coté de lautre, peuvent avoir de pouvoir. Nous détenons sans le savoir
une clé et nous sommes incapables souvent d'en mesurer les effets.
Je voudrais que mes mots pour Noël donne la Sérénité, je voudrais que mes mots soient Energie, je voudrais que mes mots deviennent Puissants pour qui est dans la peine, je voudrais que mes mots
partagent la Joie du monde, et pourtant...écrire ne s'invente pas parait-il, écrire ce n'est pas mettre une émotion sur du papier, écrire est un Art me dit-on.
Pfff je ne suis pas artiste moi, juste une fille, une femme, une mère, une grand'mère, qui bosse encore parce qu'elle aime les "gens" et qui utilise les môts autant dans son métier que dans sa
vie. Alors j'utilise l'outil le plus courant, le plus évident pour partager un peu de ce que je ressens, de ce que je sais, de ce que je peux transmettre. Et je parle....et
j'écris....
Les mots...La parole, l'écriture, ca me fait rêver...C'est comme une musique qui se joue soit sur un clavier soit dans les airs. Ils viennent seuls, sans qu'on leur demande rien, s'inscrive sur
le papier ou sur l'écran, ou dans la tête, et resteront à jamais au coeur de celui ou celle qui aura été marqué un seul d'entre eux parfois.
Ce matin, je me dis que j'ai été forgée par des mots : ceux que j'ai lus, dévorés, et ceux que j'ai entendus. Parfois, ils n'étaient pas utiles, parfois ils étaient difficiles,parfois ils étaient
même cruels, mais parfois ils étaient Révélation...Et dans tous les cas, ils ont été une partie de moi. Certaines traditions donnent à la parole une Force spirituelle. Peut-être ne mesurons nous
pas assez cette Force en nous?
Sur ces quelques môts, je retourne au pays des lézards, le ciel est trop bleu pour ne pas s'y noyer aujourdh'ui.
Il ne faut pas grand'chose pour que reviennent comme en écho, tant de souvenirs enfouis.
Ce soir, j'ai vu le film "les choristes". Et oui, je ne suis pas une fan des matraquages, et lorsqu'un livre ou un film font trop
parler d'eux, je leur laisse le temps de vieillir, de mûrir, avant de les ouvrir...Et je crois bien que ce film là, je ne l'ai pas regardé plus tôt, parce que peut etre je n'aurais pas pu aller
au bout plus tôt.
Ce soir, en écoutant chanter les enfants, une musique m'a attrappée en plein coeur, revenant de 40 années en arrière. Toute mon
enfance, mon adolescence a été bercée par la chorale dans laquelle je sévissais à pleins poumons. J'ai même été "soliste" ma si grande fiertée, puis n'ai plus gardé que la musique en
tête...
Un soir du premier jour d'octobre 1968, j'ai chanté à plein coeur pour ma promo : nous venions de conquérir notre diplôme, nous avions
l'avenir devant nous, avec la force de l'air des années 68. Nous étions dans un car, la nuit tombait et j'ai chantée...jusqu'à notre arrivée, où m'attendait une nuit plus profonde, ma maman était
morte ce jour là, et je n'étais pas là...
Alors, lorsque je fredonnes cette "nuit" dont le silence est un mystère, il me revient toujours des éclats de rires éclatants, ses
bras autour de moi, sa si grande compassion, ses irrationnelles colères, sa joie de vivre intense. Je me dis que ce jour-là, dans ce car, j'ai chanté pour elle, et je ne le savais pas. Elle était
tellement "maman", que malgré moi, je crois, j'ai reproduit tous ses shémas : colères irrationnelles, impatiences étonnantes, coups de fous rires, émotions, joie de vivre. Elle m'habite, et ça,
je le savais :).
Comment une simple musique chantée par des enfants, peut elle faire renaître tant de belles émotions? Il faudra que je vous parles
d'Elle un jour, peut-être, il faudra.
Tu m'avais écrit un soir, que tes nuits étaient longues, et que parfois, lire ce qui se disais ici, était pour toi comme une pause...Je t'imagine ce matin, l'ordi sur les genoux, petit sourire
aux lèvres... Tu lis et tu nous dis tout ce que tu n'a pu dire, tu écris à Johanne que son combat est le tien, aujourd'hui encore et qu'à deux, tout ira bien, puis tu refermes l'ordi et tu pars ,
tranquille, déterminé, pour apporter d'où tu es, tout ce que tu voulais donner d'où tu étais.
Ta lumière nous réchauffe et ton âme s'envole. Juste pour toi, une chanson, qui dit notre chagrin, nos peines et l'effroyable vide que tu laisses ici.
J'allume mon étoile, et des millions d'étoiles se réjouissent de te voir prendre le chemin de ta propre lumière, j'allume mon étoile,
et des millions d'étoiles tout à coup s'allument avec elle, j'allume mon étoile, et je vois bien que tu n'es pas tout seul, que tu te retournes et tu veilles sur nous. J'allume mon étoile, avec
une larme de feu, les larmes c'est de l'amour en fusion, et tu as su tellement bien provoquer cet amour pour toi. J'allume mon étoile, pour un garçon que je ne connais pas mais pourtant, j'ai le
sentiment de l'avoir si bien connu. J'allume mon étoile, pour ta maman, ta famille, afin qu'ils trouvent un peu de chaleur dans la glace de ce mois de décembre si terrible, si fracassant de
douleur quand part celui qui est tant aimé. J'allume mon étoile, pour que le monde se réchauffe de la Lumière que tu as su nous donner. Promis, nous la tansmettrons à tous les jeunes battants qui
veulent que le monde devienne un peu meilleur.
Je dédie ce texte à mes deux petits fils : Tom et Joseph, afin qu'ils se régalent et nous vengent de tous ces Noël avec enfants.
Cette année, c'est Noël sans enfants, et Dad et Grand'mamie, se font la longue liste de tous les ptits plaisirs interdits, lors des Noël avec enfants :
- Les jours qui prècèdent, nous feront la déco de notre choix, un sapin enfin qui ressemble à autre chose qu'un amas de boules technicolores, rubans hors d'âge mais
"qu'on aime tant maman", petits bonshomes à moitié mangés par nos générations de chiens, petites fleurs à moitié fanées massacrées par les chats...Un vrai sapin, simple, tout blanc, ou tout
rouge, ou tout noir tient pourquoi pas, ou vert bleur jaune, mais COMME JE VEUX...
- La veille de noêl, enfin, pas de paniques et de joues rouges devant un four qui n'en peut plus de cuire et de recuire, pas de recherche du truc que celui-là aime
plus que tout, que celle là veut à tout prix...Une cuisine en paix, et si on a envie on mangera des nouilles ou ....du foi gras, mais surtout pas non surtout pas une bûche au chocolat. Ou alors
si, une immense bûche, pleins de bonshomes en sucre que nous pourrons manger TOUS sans entendre : je le veux, non c'est moi, et pourquoi lui?
- Le soir de Noêl, le renne ne sera pas seul à avoir le nez rouge, Dad compte bien ce soir-là, déroger aux règles de bienséance et boire du bon vin, tant qu'il veut,
sans se soucier de savoir qui il devra raccompagner ou le bon exemple qu'il devrait donner. Et si je veux oui, ce sera champagne rosé.
- Et la musique Ahhhhh la musique, je vais me faire une orgie de chants de Noêl, sans entendre grogner, rigoler, ricaner...D'ailleurs j'ai déjà
commencé...
- Le matin ROOOOOO le matin de Noêl Tom et Joseph, réveillez vos parents à 6H du matin, vengez moi de ces matins vaseux, où votre tonton Cédric déboulait dans notre
chambre, poussé par ses deux soeurs, me secouait doucement, avec un beau sourire : dis maman, c'est Noêl tu viens, dis maman...Et oui, cette année, NOUS LES GRANDS PARENTS, nous DORMIRONS sans du
tout penser à vous.
- A midi, le jour de Noêl, nous nous offrirons avec Pépéjo, un déjeuner de soleil, pour un Noêl tranquille, alors vous appellerez et nous redeviendrons les
parents sages qui se réjouissent, que cette année encore, le père Noêl ait bien rempli sa mission.
Et le soir venu, quel bonheur de ne pas ranger les papiers, plier les cadeaux, faire de la place et du ménage.
Un Noêl sans enfants, cette année c'est pour nous, le signe que tout va bien, que vous êtes en famille et heureux tous
ensemble, que vous vous créez vous aussi la sarabande des souvenirs qui illumineront notre nuit , le soir venu oui, les souvernirs nous berceront..
le chien sur les talons. Les feuilles de chênes crissent sous ses chaussures. Elle marche dans le jardin sous un ciel bleu d'azur,
tellement étonnant, en cette fin d'automne. Elle marche juste comme ça, pour rien, l'âme ouverte à ce soleil de presque'hiver si surprenant.
Elle marche dans le jardin et sa vie devant elle, lui fait comme un chemin. Il y a tant de monde, dans une vie qui passe. Dans le
jardin, ce matin, ils sont venus à elle comme une foule immense, avec leurs peines, et leurs chagrins, et leurs joies débordantes. Parfois ils s'échappent, disparaissent dans la brume du
soir, parfois ils sont présents, exigeants, entrainants.
Elle rentre à la maison, le chien sur ses talons, laissant pourtant dans le jardin, comme un manque, de l'inachevé, quelque chose
d'impalpable : qu'a t'elle pu oublier? Quels sont donc les chemins qui demain s'ouvriront? Qui viendra enrichir la foule des "aimants", des amis, des perdus?
Elle attend sur la porte, se retourne un instant, et aperçoit dans une flaque de soleil, un oiseau qui picore et disparait
soudain.
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