"Etre enchanté c'est réveiller en soi quelque chose qui chante"

                     François Garagnon


Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 16:42
Le premier dont je me souvienne, était autour d'une "petite maison grise". J'avais 5 ans je crois, car le souvenir qui me revient c'est une allée de graviers, assez longue pour apprendre à faire du vélo et mon père qui me lance, me soutient, m'encourage et...me lâche. Moi, à toute vitesse, sans prendre le temps de savoir comment on s'arrête ..chute..mais quelle fiertée, une première fois sans les "roulettes"..pemiers genoux couronnés!!

Le second jardin qui m'habite est celui de mes grands parents : une grande maison, entourée d'un parc dans lequel mon grand'père avait planté des arbres de toutes essences, des iris plein les massifs, des rosiers devant la maison, un  marronier avec la table pour le gouter...Au fond du jardin, un immense sapin sur lequel les 12 cousins et cousines grimpaient de branche en branche : tout en haut on était les rois du monde.

Pour le vélo c'était génial : il y avait la "grande descente" dans laquelle mes frères et cousins installaient des tremplins, nous nous lancions ma cousine et moi comme des dingues, cobayes des garçons qui eux, la plupart du temps se défilaient.

Il y avait la "petite descente", qui passait devant la cuisine, avec ma grand'mère qui sortait en criant : "pas si vite, tu vas tomber" Et paf, vive la prédiction!!! Que de chutes sur ces cailloux monstrueux...Mais quelle adrénaline de s'élancer chaque fois en se disant que oui, cette fois, on irait encore plus vite.

Il y avait aussi le jardin du fond : un sentier entre les buis où nous testions les voitures fabriquées par mon frère. Que de chutes, de robes déchirées, de fous rires et de larmes. Là était un buisson de framboise que l'on massacrait en tombant en plein coeur.. Un chataignier aussi, et les légumes de mon grand'père...

Il y avait le poulailler ou chaque matin nous allions porter à manger aux poules, les oeufs du matin, un régal...Il ya avait les cousins, les cousines, ma grand'mère, la tendresse, la rudesse...

Le troisième jardin où je flane parfois, est celui de la maison de mes parents : 13 chênes, une grande prairie, un potager plein de merveilles et ma mère, le derrière en l'air, penchée sur ses trésors, nous préparait les légumes du soleil, ceuillis avec amour, cuits avec tendresse.

Il y avait les poiriers, et le souvenir de nous deux, toi et moi, seuls au monde regardant le ciel...

il y avait le vieux landau que maman avait retapé pour son petit dernier : quelles rigolades lorsque nous te promenions la dedans Jean-pascal, tu riais aux éclats comme tu as toujours fait, déjà tout petit ton rire nous éclatait aux oreiles, et ce vieux landeau bleu indigo, comme on l'a préparé avec amour.

Il y avait un prunier derrière la maison, plein de prunes soleil, dont les abeilles se gavaient. On leur laissait le prunier, parce qu'une abeille à la maison, c'est du bonheur disait maman.

Il y avait le vieux puit à main : une pompe pour monter l'eau, une eau trop délicieuse. Souvenirs de mon père chaque matin qui pompait, qui pompait, un vrai shadock!!Et nous les "grands" on riait, de le voir regarder avec amour,  maman assise sur le petit banc de pierre, qui soignait les pétunias. Et oui, les pétunias : grands habitants de la maison, partout ils poussaient et jamais on ne s'en lassait.

J'avais 15 ans, le blues de l'adolescence dans la chaleur de l'été, je me souviens de ces après-midi toute en langueur, où je découvrais le monde avec un "transistor", radio qui captait le monde entier...

Un autre jardin habite mon souvenir : De gands eucalyptus, une allée qui n'en finit pas, un parc plein de mystères où couraient mes petitsf... L'odeur des eucalyptus qui ne me lâche pas, je cherche sans arrêt mes souvenirs dans cette odeur d'été. Ma toute première qui, à six mois découvre ses grands parents, et toujours l'odeur entetante des eucalyptus, mon ptit gars qui galope à l'assaut de la citerne, nous étions inconscients de laisser ces deux enfants courir ainsi, mais quelle magie...


et vint le petit jardin de chatou, ma maison, mon refuge, le nid de mon troisième bébé : du jour ou tu as dit : on n'aura pas de nouvel enfant tant qu'on n'aura pas une maison, je n'ai eu de cesse de la trouver...En trois semaines elle fut trouvée. Petite maison biscornue, pleine de nos joies, de nos chagrins, de nos vies. Jardin nu et triste qui devint peu à peu un ombrage  protégeant mes petits, jardin lilas, jardin rosiers, jardin poissons....combien de fois je me suis assise dans ce petit jardin, laissant aller mes pensées, puis reprenant le collier d'une vie intense. Et jardin qui fut aussi le refuge d'une "presque quatrième enfant", mon canard vert écorchée de la vie...oui je sais les poissons ont valsés à cette époque, Bouddha le chat : je t'ai vu!

Enfin, le paradis des lézards qui se voit en mutation perpétuelle, fleurs parfois, arbres souvent, herbe l'automne, cailloux l'été, il est le jardin de mes petits fils, né avec Tom. On ne s'y trompe pas d'ailleurs : à coté du petit banc de pierres, le tracteur se repose, le tobogan souffle un peu, et le bac à sable n'attend que la pelle de Joseph...Une histoire qui dure encore...




Mes jardins, souvenirs vivants, s'éclatent comme une bulle d'énergie : lorsque plus rien ne va, que tout me parait insurmontable, je me promène dans mes jardins et j'y trouve toutes les énergies utiles pour aller de l'avant, faire face, repartir...Nos souvenirs sont nos plus belles ressources, a condition toutefois de ne se "recharger" qu'en souvenirs précieux, forts et joyeux...

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /2009 11:51
se demande ou est Joseph,

le ballon attend encore TOm,






















le playmobil pensif, tourne le dos à la piscine,














Peut-être que demain, Grand'mamie jouera avec le petit bâteau triste, puis doucement, le remettra dans son casier avec ses potes jouets pour la prochaine fois.

Tout passe si vite qu'on ne sait pas profiter de l'instant, on se laisse emporter par la frustration de la fatigue, l'énervement du quotidien, la pression du matin...Puis le temps passe et on se dit qu'on est bien ridicule avec notre grande maison vide.

Tom te voilà reparti dans ton pays des caribous;J oseph, ce matin, tout fier, tu a repris le chemin de ta maison : je vous aimes mes loupiots, chacun et tous les deux, fort et doucement, avec tendresse et passion. Alors, dites vous bien que les jouets ne seront rangés que pour mieux s'éclater plus tard, encore, bientôt.

Quand à vous les "grands" pas si grands que ça, je voudrais juste vous dire ceci : l'amour n'est pas ce qu'on en voit, ce qu'on en interprète chez les autres, l'amour c'est une main complice qui vient se poser sur une épaule un jour de grande fatigue, l'amour c'est un mot tout simple, dit à un moment où on ne l'attend pas, l'amour c'est un chemin long et ardu qu'on ne peut vivre qu'à deux, sans laisser à quiconque un droit de regard sur ce qu'il est, l'amour, c'est un instant, un jour, une année, dix ans, vingt ans, trente ans, quarante ans de chemin où chaque fois tout est remis en cause, sauf l'engagement pris de ne pas céder à la facilité d'une fuite ou d'orages inutiles. Juste pour vous dire, qu'à deux, on se les rangera ces jouets et que chaque jour, nous reconstruirons ce qui fait une famille, comme nous l'avons fait depuis quarante ans. Donc pas d'inquiétudes pour les Grands parents, vivez votre vie à fond, soyez attentifs l'un à l'autre, construisez quelque chose dans la durée, la tendresse et la confiance. On vous aime TOUS.

A bientôt les enfants, nous on file dormir, et profiter du petit bâteau qu i s'ennuie....
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 26 juin 2009 5 26 /06 /2009 20:08
Dix ans l' âge de tous les possibles, ou le coeur de l enfance encore eclatant, commence a se teinter du coeur de
l' adolescence...


Tom, il y a dix ans je cherchais avec frénésie un avion pour te rejoindre, petit bonhomme arrivé en avance dans ce pays lointain, choisi par tes parents. Je ne réalisais pas vraiment
qu' on assistait a la naissance ...d' une grand mère.


Je me suis jurée alors de ne rien perdre de ton enfance ,de créer avec toi, un lien si fort, que l' eau qui nous sépare ne serait
qu' un pont sur notre infinie tendresse. J' ai enfin eu cet avion puis les suivants, chaque trimestre, quelques jours de redécouverte, puis tes sejours au paradis des lézards, cette maison qui a ton âge...


Nous avons su chacun, créer nos habitudes : pizza-tele, remplir le taz de petits gâteaux juste avant mon depart, deposer des secrets pour que tu les decouvres, ecrire, telephoner, ne pas ecrire, ne rien se dire, juste s aimer...La distance n est pas l absence, c est un pas a franchir, une nouvelle facon de s aimer a decouvrir a deux.

Aujourd hui, c est encore un avion qui ecrit notre histoire : nous embarquons tous les deux, le jour de tes 10ans, pour raison de vacances, calins, et folles nuits d ete a regarder juste les etoiles.Tu feteras tes 10ans entre le ciel et l eau, entre deux continents, et si nous dormons un peu, nous reverons je sais, a dans 10 ans : ou serons nous, que ferons nous. Nul doute que le ciel et l eau sauront, ou que nous serons, nous relier une fois encore.

BON ANNIVERSAIRE PETIT CARIBOU JE T AIMES
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 10:36
tu étais tout petit comme ça  :
Je ne te connaissais pas encore, et j'avais passé la nuit à te parler en attendant l'appel de ton papa : c'est un gars!!!

Et d'un coup, un coeur nouveau de grand'mamie de joseph est apparu : plop! comme ça, juste un coup de fil, et un nouveau coeur qui s'ouvre pour un tout petit garçon de ma toute dernière.

BON ANNIVERSAIRE JOSEPH.

L'an dernier, pour tes trois ans, tu étais à la maison, et tu ne voulais pas trop "avoir toizan". Cette année, tu veux être grand "comme 5ans" pour pouvoir faire du vélo sans roulette, et les patins à roulettes de ton anniversaire te paraissent pourtant peu sûrs!!! Je souris avec tendrese, t'imaginant comme ta maman plus tard, derrière son chien, allant chercher le pain en se faisant trainer derrière lui! Promis Joseph, on apprendra à Aristote à te tirer comme Akim le faisait avec maman.

J'aime ces dates qui sillonnent notre vie, elles nous remettent en perspective, l'essentiel : "l'essence du ciel", ce qui jamais ne changera, l'amour que vous faites vivre en moi. Et toi,petit bonhomme si décidé, si hardi et si secret aussi, tu me brises le coeur lorsque je perçois tes immenses chagrins, et tu m'éclates de joie lorsque ton rire est aux éclats. Je crois bien que je t'aimes, fort, fort, plus que comme la lune, plus que comme le soleil, juste comme une grand'mamie folle d'amour.

Bientôt notre rendez-vous d'été avec Tom : on fera des matins "télé" avant que Dad ne se réveille, et des goûters géants, on ira voir la mer, et peut etre pas les méduses cette année, et Tom te lira des histoires lorsque le sommeil n'arrivera pas, tu te souviens, ces soirs si chauds qu'on aurait envie de retourner se baigner, et peut etre que cette année, tu seras "aussi grand que Tom" pour pouvoir te relever à minuit et regarder les étoiles en nageant!!! Oui, nous nous fabriquerons des souvenirs si solides, que rien ni personne, jamais, ne pourra nous les enlever.

Je t'aimes Joseph.

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 11:39

  En ces temps dits de "crise", il y a un mot qui revient en boucle : LE STRESS.


Il en est du stress comme de tous ces poncifs annoncés à grand coup d'hyper communication : on en use, on en abuse, on le met à toutes les sauces des formations, conseils, séminaires, thérapies!!!

Tout est dans le stress, au secours, je stress parce qu'autour de moi, on ne parles que de stressssssss!!!!

Pourtant, nous avons tous vécus de ces jours que l'on voudrait ne jamais revoir, nous avons tous été confrontés à une réalité inimaginable qui remet les pendules à l'heure, nous avons tous connus de ces "stress" réels, incontournables et...nous avons survécus.

Ce que je voudrais exprimer là, c'est que la médiatisation extrème de ce terme, ne permet pas de le traiter, ni d'en comprendre le mécanisme. Et la surenchère d'une crise annoncée, n'est pas de nature non plus, à apporter l'aide nécessaire à ceux qui sont confontés à des difficultés, des épreuves, ...du stress...

Comprendre le mécanisme du stress est un premier pas. Pour certains, ce processus bien intellectualisé, sera le déclic qui les mènera à une prise en charge plus personnelle. Pour d'autres, ce sera du charabia d'intellos qui ne leur apportera qu'ennui.

Mettre en place un processus d'identification, puis d'appropriation des éléments stressants serait pour d'autres, une bonne approche. Là encore, elle a ses limites. Qui dit processus, dit contrainte et parfois, le stress est arrivé à un niveau tel, qu'une simple contrainte peut tout faire basculer dans un blocage presque irrreversible. Quant à l'appropriation elle est si personnelle, qu'elle ne peut je crois, intervenir qu'après un chemin de réflexion, voire de médiation qui....est très compliqué à mettre en oeuvre lorsque justement, l'on est en état de "stress".

Alors pas de solution?

Si, je crois qu'il y DES solutions, qui ne sont pas stéréotypées, qui sont adaptées à l'évolution de chacun. Je ne crois pas aux "stages" anti-stress, je ne crois pas aux solutions comportementales brèves, je ne crois pas aux remèdes miracles, je ne crois pas à une seule solution mais en une multitudes de liens qui permettent d'entamer, pourquoi pas , une réflexion par un "stage", qui nous mènera peut-être à un parcours comportementale, ou une consultation thérapeutique, ou tout autre élément complémentaire. En fait, le stress est d'abord un processus mis en place par l'organisme pour nous protéger, il est un signal, dont on doit tenir compte. Si l'on ignore ce signal, si l'on se croit tout puissant, capable de résoudre seul un élément si complexe, alors il devient médical... Je résume, mais c'est important de prendre conscience de nos "warnings", de ces petits signes qui nous signifient que l'on devrait s'arrêter, juste s'arrêter pour "voir", comprendre, souffler.

Personnellement, dans des moments de stress intenses, j'ai pu organiser une sorte de processus qui m'a d'abord protégé de l'angoisse, et de la peur, puis, peu à peu, m'a permis de relativiser, et de découvrir une sérénité qui, chaque jour, sera renouvelée. Par contre, si je laisse les choses aller, alors je me retrouve au point de départ.

La lutte contre le stress pour moi, c'est la découverte de soi, d'abord et avant tout.


Il y a quelques années, j'ai écrit avec une amie, un petit dossier expliquant le processus du stress. Il permet de "comprendre".

stressdeclic.pdf stressdeclic.pdf


Ensuite :

"Connais-toi toi-même et tu connaitras l'univers et le monde"



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 19:00
...le bruit du vent dans mes arbres.


Lorsqu'il vient me voir, il appelle juste avant, pour éviter de déranger. Il descend maintenant doucement de sa voiture, prenant son temps, évitants les embûches d'un chemin caillouteux qui pourrait le faire trébucher. Il fait cela avec sérénité, le regard tourné vers la cime des arbres, comme pour mieux entrevoir ses oiseaux qu'il aime tant.

Nous prenons tout notre temps pour juste ne rien dire, assis dans le fauteuil sur la terrasse.  Il a le regard d'un enfant devant la nature qui s'éveille, tout l'enchante. Parfois sa mémoire s'égare un peu, mais bien vite il corrige, il sait, lorsque s'échappent ses pensées, les reprendre tranquillement et poursuivre la conversation. Il veut des nouvelles de chacun, et manie l'ironie avec bienveillance devant les errements de ses enfants, des petits enfants, et de ses arrières petits fils.

Mon Père, mon papa, ma tendresse, ce prochain dimanche, le 10 mai, tu auras 85 ans. Et oui, quand on fait des enfants à 20 et 21 ans, il faut s'attendre à n'être pas beacoup plus vieux que ses enfants:). Tu as traversé la vie en fulgurance, puis en souffrances, pour atteindre un rivage de sérénité souriante, de simplicité généreuse. Tu as vu partir ton amour, puis ton dernier petit, tu as survécu à ces chagrins sans jamais te plaindre ou peser sur nos vies. Je t'aimes.

Voilà, j'avais envie d'écrire là, tout de suite, et partager cet instant passé avec mon Père, aujourd'hui. Il vient de rentrer chez lui, et déjà il me manque...mais le rossignol se déchaîne, il n'est, àprès tout, peut etre pas parti?



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 16:57
Me revoilà chez nous, au paradis des lézards, plein soleil sur le bureau. Et oui, le 21 avril, j'étais en vadrouille professionnelle, et la clé "3G" refusait de me servir ce soir-là. Du coup, tu as reçu un SMS à 2h45 du matin je crois :):) Heu il disait : BON ANNIVERSAIRE MON FILSADOREAMOURAMOI, il y a 36ans tu étais tout petit "comme ça"...

Et me revoilà plongée dans ces jours qui ont changés une fois de plus ma vie. Un tout petit garçon...Mais reprenons comme pour tes soeurs, l'histoire que j'ai gardée en moi, de cette attente, puis de ta naissance, et des jours qui ont suivis.

Je t'attendais "TOI", et pourtant à cette époque pas si vieille quand même, on ne savait pas d'avance si "garçon, ou si fille"...En fait, je te parlais, lorsque ta soeur si petite dormait, et toi, tu as adopté ce rythme ! Pendant quatre ans, tu as tout fait pour rester éveillé lorsque ANNE dormait :) Je te racontais que le monde est beau quand on le veut bien, que nous avons la puissance pour le changer, et la flemme de le faire souvent, que deux petits font une famille, et que ce serait toi qui fonderait cette famille par ton arrivée, que deux mains pour deux enfants c'est une bonne moyenne (oui bon, lorsque la toute dernière a montré son nez, on a bien su nous, les parents, multiplier les mains, pour que toujours, l'une d'elles soit réservée à qui en a besoin)...

Je te racontais que j'avais hâte de te voir, et toi, tu as tout fait pour tenter d'arriver en avance : mais non, finalement, tu hésitais un coup oui, un coup non, et ta grand'mère est arrivée au moment juste où tu as décidé de venir toi aussi.

Je me souviens de cette après midi passée a faire les boutiques, puis de cette soirée chez nos amis, puis ...le pasage à l'hopital avant de rentrer, parce que bon, oui, ca semblait bouger...Je suis restée, et à trois heures du matin, j'ai découvert un ptit loup qui mangeait sa main, yeux grands ouverts sur un monde qu'il voulait dévorer, qui a su se calmer lorsque son père lui a parlé, qui s'est endormi contre moi, parceque j'ai enfreins les "ordres" et que je t'ai chopé pour mieux te rassurer.

Mon tout petit si grand, mon fils, mon histoire, mon complice, ma tendresse... Je t'aimes. Il y a chaque fois que nous nous voyons, dans tes yeux, une si grande tendresse, tant de fragilité, et une si grande force. Tu es encore comme un gamin, et aussi, un homme et ça me désarconnes : un homme?  Ce si petit bout de garçon qui riait si fort étant petit, que les gens m'arrêtaient dans la rue pour mieux t'écouter rire. Un homme cet adolescent fracassé après cet accident qui me jette encore dans des frissons glacés? Un homme? qui m'accueille dans sa maison, créant à son tour un univers d'amour dans un nid d'amoureux. Parfois je me dis, que lorsque mes bras te berçaient j'ignorais qui tu étais vraiment, et je me dis aussi que je suis fière de QUi tu es aujourd'hui. Un homme mon fils? Oui, et tu resteras à jamais au fond de mon coeur de maman, le tout petit garçon qui n'acceptait de dormir que bercé sur le vieux rocking-chair :)

Je te souhaite mon fils, un anniversaire multiple, qui chaque jour, chaque instant, transformera ta vie. En fait, l'anniversaire, c'est une fête crée pour les mamans je crois, elle renouvelle les souvenirs, et réactive la tendresse:)

Je t'aimes mon fils.
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /2009 18:53




Je sais, je suis en retard, mais j'ai des excuses : je viens seulement de visionner les dvd des enfoirés de cette année, et une fois de plus, ils enchainent l'émotion, l'énergie, l'humour.

20 ans plus tard, les mêmes, d'autres, les nouveaux, qui tentent de changer un monde qui se refuse à bouger d'un pouce.

20 ans plus tard, les bras ballants d'impuissance, on la cherche cette p......d'idée qui nous fera fêter une dissolution...

Rien à dire de plus, seulement que ces Enfoirés là devraient encore faire des petits, pour nous bouger l'âme et le coeur : peut etre alors, l'idée arrivera...

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Coup de gueule
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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /2009 10:15

Bonjour! Dit le marchand

C’était un Marchand de pilules perfectionnées, qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l’on n’éprouve plus le besoin de boire.

Pourquoi vends-tu cela? Dit le Petit Prince.

C’est une grosse économie de temps, dit le Marchand. Les experts ont fait des calculs; on épargne 53 minutes par semaine.

Et que fait-on de ces 53 minutes?

On en fait ce que l’on veut…

Moi, dit le Petit Prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine. » 

A.de St Exupéry. Le Petit Prince

 

ALors voilà, j'essaie moi aussi comme le Petit prince de marcher doucement vers mes fontaines, mais chaque jour je me retrouve à chercher la pilule miracle qui me fera "économiser" du temps. Je fais tout à l'envers , commençant par l'ordinaire, le quotidien parfois inutile, pour finir en toute hâte par râter l'Essentiel. Je cherche l'impossible, tout "avoir" et tout "faire", alors que je sais bien qu'en marchant vers ma fontaine, je me contenterais d'"être" quelqu'un qui cherche une fontaine... J'aime bien ce Petit Prince, il me parle souvent...Gestion du temps nous dit-on? Pfff, pourquoi gérer l'ingérable? Une journée a 24 h, nous ne gérons rien du tout si nous voulons gérer le temps. Je crois bien que ce que je peux "gérer" est tout simplement ce que je mets dedans. Le choix d'être pleinement dans l'instant.

 

 

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Méditation du jour
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 00:34
24 mars 1971...J'ai 24ans et dans quelques heures, je serais maman. Je ne dors pas car je sais que c'est aujourd'hui, je le sais, ne me demandez pas comment, je le sais. Je ne dors pas puis je m'endors ...pour être réveillée à 5 h du matin.

Alors en riant, je secoues ton papa : hé, c'est le moment, je files à la douche même si "on" m'a dit que non, surtout pas, quand on perd les "eaux", il faut se précipiter à la maternité. Je m'en moque, j'ai 24 ans, et comme me le dit mon fils : "tu n'étais pas finie maman à 24 ans." Donc, je me moque de ce que l'on peut dire : je n'irais certainement pas à la maternité, accueillir mon premier bébé, sans me laver longuement, en caressant ton nid, en te parlant aussi : et oui, on va se voir enfin, ne crainds rien petit bébé, la vie, c'est tout simple, et il y aura du soleil pour t'accueillir.

Bon, on prend la voiture, et je me dis que si c'est juste "ça", pffff, trop facile, même pas mal...

Sur le périphérique, et oui, nous n'avons pas choisi la facilité, l'hôpital est dans Paris, nous, en banlieue nord à l'époque, donc nous prenons le périphérique et là....surprise....pleins de camions bloquent le périph : déjà le mois de mars se voulait manifestant.

Toujours "même pas mal", je rigoles, et je bavardes avec ton papa, qui lui, n'en mène pas large, mais ne dit rien, fidèle à lui-même : quand je parles, il se tait, du coup, il ne parle pas beaucoup.

Arrivés dans cet hôpital assez gris, un peu hostile, style "usine" où l'on ne connais personne, et où, comme il se doit, "on" me montres une chambre...Zut, il y a déjà quelqu'un...En fait, au bout d'un moment, je serais super contente que cette "quelqu'une" soit là, avec moi, parce que le personnel lui,se moque totalement de nous.

Mêêêêême ppppppppaaaasss mmmm....et non , mais si, mais ohhhhhh ca fait mal alors là, je suis furieuse, je croyais que ....mais bon, le temps passe et de 6h du matin à presque midi, stoïque, je souffle, je soupire, je gémis, je tourne, me retourne, et ....ma voisine adorable, finit par gueuler haut et fort que si personne ne vient me voir, c'est ici que le bébé va naître, là, maintenant, tout de suite, et elle est bien placée pour le savoir, elle en a un déjà de petit, et le second lui la cloue au lit car il s'annonce trop tôt.

Tient c'est drôle, je rigole en voyant un charriot arriver poussé par chaipakijm'enmok, il faut en plus grimper là dessus. Ma voisine m'encourage en secouant le "chaipakijmenmok" pour qu'il accèlère.

Et ton papa lui, pendant ce temps, est retourné à la maison, démonter son réveil (heu je crois que c'était un réveil).

Ensuite, ensuite, tu es arrivée, on m'a dit : une petite fille et...un rayon de soleil alors t'a caressé, comme si ma propre mère nous envoyait sa tendresse comme je lui avais demandé, dans mes rêves les plus fous.

Oh dit la sage femme, son pied....Et moi horrifiée, je veux savoir, je veux te voir, on te lève en l'air, on t'emmènes et on m'endors...Grrrrr, je crois bien que ma colère est restée figée malgré l'anesthésie;

Réveil pénible : je marmone,mais personne ne s'en préoccupe, et dans une torpeur infinie j'entends que l'on dit à ton papa : revenez à 16h elle n'est pas réveillée....MAIS SIIIIII, mais...bon, tant pis. Je crois bien que j'ai pleurée, là, toute seule, dans cette salle vide, les mots ne venant pas encore de ce sommeil artificiel, de toute mon âme je te voulais, de tout leur "savoir" ils nous séparaient.

Une chambre seule, pour une infirmière, "vous l'avez bien méritée"...Pourquoi? Il faut être infirmière ici pour "mériter" une chambre seule...

Et toi, petite douce, qui n'avait pas pleuré, juste piaillé comme un oiseau endormi, où te cachait-on?

Et ma fille, ANNE, ma toute douce, mon bébé, vous me l'amenez quand? Ah oui, o fait, le bébé, attendez....
Deux heures j'ai attendu, on est trop con à 24 ans, aujourd'hui, je hurlerais, je me lèverais, je secouerais ce monde froid de toute ma fureur de mère louve...

Et je me penche sur un berceau, petite bouille étonnée, yeux fermés très fort : "je veux pas voir, je veux pas voir, je veux pas ce monde, je veux pas c'est froid, inhumain, ya même pas de maman, non c'est pas vrai, ya pas de maman, je veux retourner d'où je viens, je voulais pas venir d'abord c'est mon frère qui m'a poussé" (bon ca c'est toi qui me l'a dit bien plus tard, mais tout ton être le criait)  Et ton pied au fait, il avait quoi? Rien de grave, on l'a soigné à coup de chatouillis avec une brosse à dent pendant 6 mois, et quelques passages chez le kiné.

Et paf, grève de la faim : quel boulet déjà à 5h de vie, une mule têtue, qui fermait les yeux, qui ne pleurait même pas, qui se réfugiait dans un sommeil sans fin. "On" venait à l'heure de la tétée, te taper sur les couches, et devant mon air horrifié (je te planquais sous les couvertures), "on" me disait : c'est pour la réveiller.

  Mais moi, pauvre baluche, j'ai mis 11 jours à me fâcher pour de bon : "je signes une décharge et je m'occupes MOI, de la nourrir ma fille, et VOUS taisez vous"....11 jours, on est con et naïf à 24 ans, en 1971, quand on est seul sans sa famille, sans une "maman" qui aurait su, elle, comment réagir. Mais bon, finalement je suis assez fière de nous : on les a eu, non mais, tous ces savants médicaux, on a tout fait comme il faut, parce qu'aujourd'hui ma douce, ma fille, ma toute première, 38 ans plus tard, je te souhaites

UN BON ANNIVERSAIRE...


et moi je sais que ce jour-là, où nous sommes sortis de cet hôpital gris et froid, le monde m'appartenait, personne, jamais, plus jamais, ne nous séparerait : nous sommes une famille, trois c'est une famille. Voilà toute la fierté d'une maman de 24 ans portant son tout petit enfant comme un étendard dans cet hôpital qui, finalement était très sympathique, charmant, ensoleillé...le jour de notre départ. Papa, toi et moi, tout fiers, devant le soleil, tes yeux grands ouverts, tu as piaillé une fois pendant le trajet, et à l'arrivée, dévorée comme un ogre. JE LE SAVAIS....

38 ans, tu n'es plus une enfant, pourtant, comme chaque année, je te l'écris : il y a 38 ans, tu étais toute petite "comme ça", et j'ai encore ce soir, les bras en berceaux, comme ce matin-là de notre retour à la maison, te berçant tendrement en chantant la chanson douce que me chantais ma maman...

Les kilomètres ne font rien à l'affaire Anne, ma fille,  et tes 38 années non plus : toujours tu seras ma toute petite à moi, ma si grande, ma douce, ma rageuse, mon impétueuse, mon tout petit bébé je t'aimes et j'aimes la femme que tu es aujourd'hui.

Bon anniversaire nous deux, c'est une belle rencontre que le premier regard du petit vers sa mère. Chaque année, il revient du fond des âges, du fond du coeur. Je t'aimes tant tu sais, je t'aimes tant.



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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