"Etre enchanté c'est réveiller en soi quelque chose qui chante"

                     François Garagnon


Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /2009 10:36
tu étais tout petit comme ça  :
Je ne te connaissais pas encore, et j'avais passé la nuit à te parler en attendant l'appel de ton papa : c'est un gars!!!

Et d'un coup, un coeur nouveau de grand'mamie de joseph est apparu : plop! comme ça, juste un coup de fil, et un nouveau coeur qui s'ouvre pour un tout petit garçon de ma toute dernière.

BON ANNIVERSAIRE JOSEPH.

L'an dernier, pour tes trois ans, tu étais à la maison, et tu ne voulais pas trop "avoir toizan". Cette année, tu veux être grand "comme 5ans" pour pouvoir faire du vélo sans roulette, et les patins à roulettes de ton anniversaire te paraissent pourtant peu sûrs!!! Je souris avec tendrese, t'imaginant comme ta maman plus tard, derrière son chien, allant chercher le pain en se faisant trainer derrière lui! Promis Joseph, on apprendra à Aristote à te tirer comme Akim le faisait avec maman.

J'aime ces dates qui sillonnent notre vie, elles nous remettent en perspective, l'essentiel : "l'essence du ciel", ce qui jamais ne changera, l'amour que vous faites vivre en moi. Et toi,petit bonhomme si décidé, si hardi et si secret aussi, tu me brises le coeur lorsque je perçois tes immenses chagrins, et tu m'éclates de joie lorsque ton rire est aux éclats. Je crois bien que je t'aimes, fort, fort, plus que comme la lune, plus que comme le soleil, juste comme une grand'mamie folle d'amour.

Bientôt notre rendez-vous d'été avec Tom : on fera des matins "télé" avant que Dad ne se réveille, et des goûters géants, on ira voir la mer, et peut etre pas les méduses cette année, et Tom te lira des histoires lorsque le sommeil n'arrivera pas, tu te souviens, ces soirs si chauds qu'on aurait envie de retourner se baigner, et peut etre que cette année, tu seras "aussi grand que Tom" pour pouvoir te relever à minuit et regarder les étoiles en nageant!!! Oui, nous nous fabriquerons des souvenirs si solides, que rien ni personne, jamais, ne pourra nous les enlever.

Je t'aimes Joseph.

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Mardi 19 mai 2009 2 19 /05 /2009 11:39

  En ces temps dits de "crise", il y a un mot qui revient en boucle : LE STRESS.


Il en est du stress comme de tous ces poncifs annoncés à grand coup d'hyper communication : on en use, on en abuse, on le met à toutes les sauces des formations, conseils, séminaires, thérapies!!!

Tout est dans le stress, au secours, je stress parce qu'autour de moi, on ne parles que de stressssssss!!!!

Pourtant, nous avons tous vécus de ces jours que l'on voudrait ne jamais revoir, nous avons tous été confrontés à une réalité inimaginable qui remet les pendules à l'heure, nous avons tous connus de ces "stress" réels, incontournables et...nous avons survécus.

Ce que je voudrais exprimer là, c'est que la médiatisation extrème de ce terme, ne permet pas de le traiter, ni d'en comprendre le mécanisme. Et la surenchère d'une crise annoncée, n'est pas de nature non plus, à apporter l'aide nécessaire à ceux qui sont confontés à des difficultés, des épreuves, ...du stress...

Comprendre le mécanisme du stress est un premier pas. Pour certains, ce processus bien intellectualisé, sera le déclic qui les mènera à une prise en charge plus personnelle. Pour d'autres, ce sera du charabia d'intellos qui ne leur apportera qu'ennui.

Mettre en place un processus d'identification, puis d'appropriation des éléments stressants serait pour d'autres, une bonne approche. Là encore, elle a ses limites. Qui dit processus, dit contrainte et parfois, le stress est arrivé à un niveau tel, qu'une simple contrainte peut tout faire basculer dans un blocage presque irrreversible. Quant à l'appropriation elle est si personnelle, qu'elle ne peut je crois, intervenir qu'après un chemin de réflexion, voire de médiation qui....est très compliqué à mettre en oeuvre lorsque justement, l'on est en état de "stress".

Alors pas de solution?

Si, je crois qu'il y DES solutions, qui ne sont pas stéréotypées, qui sont adaptées à l'évolution de chacun. Je ne crois pas aux "stages" anti-stress, je ne crois pas aux solutions comportementales brèves, je ne crois pas aux remèdes miracles, je ne crois pas à une seule solution mais en une multitudes de liens qui permettent d'entamer, pourquoi pas , une réflexion par un "stage", qui nous mènera peut-être à un parcours comportementale, ou une consultation thérapeutique, ou tout autre élément complémentaire. En fait, le stress est d'abord un processus mis en place par l'organisme pour nous protéger, il est un signal, dont on doit tenir compte. Si l'on ignore ce signal, si l'on se croit tout puissant, capable de résoudre seul un élément si complexe, alors il devient médical... Je résume, mais c'est important de prendre conscience de nos "warnings", de ces petits signes qui nous signifient que l'on devrait s'arrêter, juste s'arrêter pour "voir", comprendre, souffler.

Personnellement, dans des moments de stress intenses, j'ai pu organiser une sorte de processus qui m'a d'abord protégé de l'angoisse, et de la peur, puis, peu à peu, m'a permis de relativiser, et de découvrir une sérénité qui, chaque jour, sera renouvelée. Par contre, si je laisse les choses aller, alors je me retrouve au point de départ.

La lutte contre le stress pour moi, c'est la découverte de soi, d'abord et avant tout.


Il y a quelques années, j'ai écrit avec une amie, un petit dossier expliquant le processus du stress. Il permet de "comprendre".

stressdeclic.pdf stressdeclic.pdf


Ensuite :

"Connais-toi toi-même et tu connaitras l'univers et le monde"



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /2009 19:00
...le bruit du vent dans mes arbres.


Lorsqu'il vient me voir, il appelle juste avant, pour éviter de déranger. Il descend maintenant doucement de sa voiture, prenant son temps, évitants les embûches d'un chemin caillouteux qui pourrait le faire trébucher. Il fait cela avec sérénité, le regard tourné vers la cime des arbres, comme pour mieux entrevoir ses oiseaux qu'il aime tant.

Nous prenons tout notre temps pour juste ne rien dire, assis dans le fauteuil sur la terrasse.  Il a le regard d'un enfant devant la nature qui s'éveille, tout l'enchante. Parfois sa mémoire s'égare un peu, mais bien vite il corrige, il sait, lorsque s'échappent ses pensées, les reprendre tranquillement et poursuivre la conversation. Il veut des nouvelles de chacun, et manie l'ironie avec bienveillance devant les errements de ses enfants, des petits enfants, et de ses arrières petits fils.

Mon Père, mon papa, ma tendresse, ce prochain dimanche, le 10 mai, tu auras 85 ans. Et oui, quand on fait des enfants à 20 et 21 ans, il faut s'attendre à n'être pas beacoup plus vieux que ses enfants:). Tu as traversé la vie en fulgurance, puis en souffrances, pour atteindre un rivage de sérénité souriante, de simplicité généreuse. Tu as vu partir ton amour, puis ton dernier petit, tu as survécu à ces chagrins sans jamais te plaindre ou peser sur nos vies. Je t'aimes.

Voilà, j'avais envie d'écrire là, tout de suite, et partager cet instant passé avec mon Père, aujourd'hui. Il vient de rentrer chez lui, et déjà il me manque...mais le rossignol se déchaîne, il n'est, àprès tout, peut etre pas parti?



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 /04 /2009 16:57
Me revoilà chez nous, au paradis des lézards, plein soleil sur le bureau. Et oui, le 21 avril, j'étais en vadrouille professionnelle, et la clé "3G" refusait de me servir ce soir-là. Du coup, tu as reçu un SMS à 2h45 du matin je crois :):) Heu il disait : BON ANNIVERSAIRE MON FILSADOREAMOURAMOI, il y a 36ans tu étais tout petit "comme ça"...

Et me revoilà plongée dans ces jours qui ont changés une fois de plus ma vie. Un tout petit garçon...Mais reprenons comme pour tes soeurs, l'histoire que j'ai gardée en moi, de cette attente, puis de ta naissance, et des jours qui ont suivis.

Je t'attendais "TOI", et pourtant à cette époque pas si vieille quand même, on ne savait pas d'avance si "garçon, ou si fille"...En fait, je te parlais, lorsque ta soeur si petite dormait, et toi, tu as adopté ce rythme ! Pendant quatre ans, tu as tout fait pour rester éveillé lorsque ANNE dormait :) Je te racontais que le monde est beau quand on le veut bien, que nous avons la puissance pour le changer, et la flemme de le faire souvent, que deux petits font une famille, et que ce serait toi qui fonderait cette famille par ton arrivée, que deux mains pour deux enfants c'est une bonne moyenne (oui bon, lorsque la toute dernière a montré son nez, on a bien su nous, les parents, multiplier les mains, pour que toujours, l'une d'elles soit réservée à qui en a besoin)...

Je te racontais que j'avais hâte de te voir, et toi, tu as tout fait pour tenter d'arriver en avance : mais non, finalement, tu hésitais un coup oui, un coup non, et ta grand'mère est arrivée au moment juste où tu as décidé de venir toi aussi.

Je me souviens de cette après midi passée a faire les boutiques, puis de cette soirée chez nos amis, puis ...le pasage à l'hopital avant de rentrer, parce que bon, oui, ca semblait bouger...Je suis restée, et à trois heures du matin, j'ai découvert un ptit loup qui mangeait sa main, yeux grands ouverts sur un monde qu'il voulait dévorer, qui a su se calmer lorsque son père lui a parlé, qui s'est endormi contre moi, parceque j'ai enfreins les "ordres" et que je t'ai chopé pour mieux te rassurer.

Mon tout petit si grand, mon fils, mon histoire, mon complice, ma tendresse... Je t'aimes. Il y a chaque fois que nous nous voyons, dans tes yeux, une si grande tendresse, tant de fragilité, et une si grande force. Tu es encore comme un gamin, et aussi, un homme et ça me désarconnes : un homme?  Ce si petit bout de garçon qui riait si fort étant petit, que les gens m'arrêtaient dans la rue pour mieux t'écouter rire. Un homme cet adolescent fracassé après cet accident qui me jette encore dans des frissons glacés? Un homme? qui m'accueille dans sa maison, créant à son tour un univers d'amour dans un nid d'amoureux. Parfois je me dis, que lorsque mes bras te berçaient j'ignorais qui tu étais vraiment, et je me dis aussi que je suis fière de QUi tu es aujourd'hui. Un homme mon fils? Oui, et tu resteras à jamais au fond de mon coeur de maman, le tout petit garçon qui n'acceptait de dormir que bercé sur le vieux rocking-chair :)

Je te souhaite mon fils, un anniversaire multiple, qui chaque jour, chaque instant, transformera ta vie. En fait, l'anniversaire, c'est une fête crée pour les mamans je crois, elle renouvelle les souvenirs, et réactive la tendresse:)

Je t'aimes mon fils.
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Dimanche 12 avril 2009 7 12 /04 /2009 18:53




Je sais, je suis en retard, mais j'ai des excuses : je viens seulement de visionner les dvd des enfoirés de cette année, et une fois de plus, ils enchainent l'émotion, l'énergie, l'humour.

20 ans plus tard, les mêmes, d'autres, les nouveaux, qui tentent de changer un monde qui se refuse à bouger d'un pouce.

20 ans plus tard, les bras ballants d'impuissance, on la cherche cette p......d'idée qui nous fera fêter une dissolution...

Rien à dire de plus, seulement que ces Enfoirés là devraient encore faire des petits, pour nous bouger l'âme et le coeur : peut etre alors, l'idée arrivera...

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Coup de gueule
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Jeudi 9 avril 2009 4 09 /04 /2009 10:15

Bonjour! Dit le marchand

C’était un Marchand de pilules perfectionnées, qui apaisent la soif. On en avale une par semaine et l’on n’éprouve plus le besoin de boire.

Pourquoi vends-tu cela? Dit le Petit Prince.

C’est une grosse économie de temps, dit le Marchand. Les experts ont fait des calculs; on épargne 53 minutes par semaine.

Et que fait-on de ces 53 minutes?

On en fait ce que l’on veut…

Moi, dit le Petit Prince, si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine. » 

A.de St Exupéry. Le Petit Prince

 

ALors voilà, j'essaie moi aussi comme le Petit prince de marcher doucement vers mes fontaines, mais chaque jour je me retrouve à chercher la pilule miracle qui me fera "économiser" du temps. Je fais tout à l'envers , commençant par l'ordinaire, le quotidien parfois inutile, pour finir en toute hâte par râter l'Essentiel. Je cherche l'impossible, tout "avoir" et tout "faire", alors que je sais bien qu'en marchant vers ma fontaine, je me contenterais d'"être" quelqu'un qui cherche une fontaine... J'aime bien ce Petit Prince, il me parle souvent...Gestion du temps nous dit-on? Pfff, pourquoi gérer l'ingérable? Une journée a 24 h, nous ne gérons rien du tout si nous voulons gérer le temps. Je crois bien que ce que je peux "gérer" est tout simplement ce que je mets dedans. Le choix d'être pleinement dans l'instant.

 

 

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Méditation du jour
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Mardi 24 mars 2009 2 24 /03 /2009 00:34
24 mars 1971...J'ai 24ans et dans quelques heures, je serais maman. Je ne dors pas car je sais que c'est aujourd'hui, je le sais, ne me demandez pas comment, je le sais. Je ne dors pas puis je m'endors ...pour être réveillée à 5 h du matin.

Alors en riant, je secoues ton papa : hé, c'est le moment, je files à la douche même si "on" m'a dit que non, surtout pas, quand on perd les "eaux", il faut se précipiter à la maternité. Je m'en moque, j'ai 24 ans, et comme me le dit mon fils : "tu n'étais pas finie maman à 24 ans." Donc, je me moque de ce que l'on peut dire : je n'irais certainement pas à la maternité, accueillir mon premier bébé, sans me laver longuement, en caressant ton nid, en te parlant aussi : et oui, on va se voir enfin, ne crainds rien petit bébé, la vie, c'est tout simple, et il y aura du soleil pour t'accueillir.

Bon, on prend la voiture, et je me dis que si c'est juste "ça", pffff, trop facile, même pas mal...

Sur le périphérique, et oui, nous n'avons pas choisi la facilité, l'hôpital est dans Paris, nous, en banlieue nord à l'époque, donc nous prenons le périphérique et là....surprise....pleins de camions bloquent le périph : déjà le mois de mars se voulait manifestant.

Toujours "même pas mal", je rigoles, et je bavardes avec ton papa, qui lui, n'en mène pas large, mais ne dit rien, fidèle à lui-même : quand je parles, il se tait, du coup, il ne parle pas beaucoup.

Arrivés dans cet hôpital assez gris, un peu hostile, style "usine" où l'on ne connais personne, et où, comme il se doit, "on" me montres une chambre...Zut, il y a déjà quelqu'un...En fait, au bout d'un moment, je serais super contente que cette "quelqu'une" soit là, avec moi, parce que le personnel lui,se moque totalement de nous.

Mêêêêême ppppppppaaaasss mmmm....et non , mais si, mais ohhhhhh ca fait mal alors là, je suis furieuse, je croyais que ....mais bon, le temps passe et de 6h du matin à presque midi, stoïque, je souffle, je soupire, je gémis, je tourne, me retourne, et ....ma voisine adorable, finit par gueuler haut et fort que si personne ne vient me voir, c'est ici que le bébé va naître, là, maintenant, tout de suite, et elle est bien placée pour le savoir, elle en a un déjà de petit, et le second lui la cloue au lit car il s'annonce trop tôt.

Tient c'est drôle, je rigole en voyant un charriot arriver poussé par chaipakijm'enmok, il faut en plus grimper là dessus. Ma voisine m'encourage en secouant le "chaipakijmenmok" pour qu'il accèlère.

Et ton papa lui, pendant ce temps, est retourné à la maison, démonter son réveil (heu je crois que c'était un réveil).

Ensuite, ensuite, tu es arrivée, on m'a dit : une petite fille et...un rayon de soleil alors t'a caressé, comme si ma propre mère nous envoyait sa tendresse comme je lui avais demandé, dans mes rêves les plus fous.

Oh dit la sage femme, son pied....Et moi horrifiée, je veux savoir, je veux te voir, on te lève en l'air, on t'emmènes et on m'endors...Grrrrr, je crois bien que ma colère est restée figée malgré l'anesthésie;

Réveil pénible : je marmone,mais personne ne s'en préoccupe, et dans une torpeur infinie j'entends que l'on dit à ton papa : revenez à 16h elle n'est pas réveillée....MAIS SIIIIII, mais...bon, tant pis. Je crois bien que j'ai pleurée, là, toute seule, dans cette salle vide, les mots ne venant pas encore de ce sommeil artificiel, de toute mon âme je te voulais, de tout leur "savoir" ils nous séparaient.

Une chambre seule, pour une infirmière, "vous l'avez bien méritée"...Pourquoi? Il faut être infirmière ici pour "mériter" une chambre seule...

Et toi, petite douce, qui n'avait pas pleuré, juste piaillé comme un oiseau endormi, où te cachait-on?

Et ma fille, ANNE, ma toute douce, mon bébé, vous me l'amenez quand? Ah oui, o fait, le bébé, attendez....
Deux heures j'ai attendu, on est trop con à 24 ans, aujourd'hui, je hurlerais, je me lèverais, je secouerais ce monde froid de toute ma fureur de mère louve...

Et je me penche sur un berceau, petite bouille étonnée, yeux fermés très fort : "je veux pas voir, je veux pas voir, je veux pas ce monde, je veux pas c'est froid, inhumain, ya même pas de maman, non c'est pas vrai, ya pas de maman, je veux retourner d'où je viens, je voulais pas venir d'abord c'est mon frère qui m'a poussé" (bon ca c'est toi qui me l'a dit bien plus tard, mais tout ton être le criait)  Et ton pied au fait, il avait quoi? Rien de grave, on l'a soigné à coup de chatouillis avec une brosse à dent pendant 6 mois, et quelques passages chez le kiné.

Et paf, grève de la faim : quel boulet déjà à 5h de vie, une mule têtue, qui fermait les yeux, qui ne pleurait même pas, qui se réfugiait dans un sommeil sans fin. "On" venait à l'heure de la tétée, te taper sur les couches, et devant mon air horrifié (je te planquais sous les couvertures), "on" me disait : c'est pour la réveiller.

  Mais moi, pauvre baluche, j'ai mis 11 jours à me fâcher pour de bon : "je signes une décharge et je m'occupes MOI, de la nourrir ma fille, et VOUS taisez vous"....11 jours, on est con et naïf à 24 ans, en 1971, quand on est seul sans sa famille, sans une "maman" qui aurait su, elle, comment réagir. Mais bon, finalement je suis assez fière de nous : on les a eu, non mais, tous ces savants médicaux, on a tout fait comme il faut, parce qu'aujourd'hui ma douce, ma fille, ma toute première, 38 ans plus tard, je te souhaites

UN BON ANNIVERSAIRE...


et moi je sais que ce jour-là, où nous sommes sortis de cet hôpital gris et froid, le monde m'appartenait, personne, jamais, plus jamais, ne nous séparerait : nous sommes une famille, trois c'est une famille. Voilà toute la fierté d'une maman de 24 ans portant son tout petit enfant comme un étendard dans cet hôpital qui, finalement était très sympathique, charmant, ensoleillé...le jour de notre départ. Papa, toi et moi, tout fiers, devant le soleil, tes yeux grands ouverts, tu as piaillé une fois pendant le trajet, et à l'arrivée, dévorée comme un ogre. JE LE SAVAIS....

38 ans, tu n'es plus une enfant, pourtant, comme chaque année, je te l'écris : il y a 38 ans, tu étais toute petite "comme ça", et j'ai encore ce soir, les bras en berceaux, comme ce matin-là de notre retour à la maison, te berçant tendrement en chantant la chanson douce que me chantais ma maman...

Les kilomètres ne font rien à l'affaire Anne, ma fille,  et tes 38 années non plus : toujours tu seras ma toute petite à moi, ma si grande, ma douce, ma rageuse, mon impétueuse, mon tout petit bébé je t'aimes et j'aimes la femme que tu es aujourd'hui.

Bon anniversaire nous deux, c'est une belle rencontre que le premier regard du petit vers sa mère. Chaque année, il revient du fond des âges, du fond du coeur. Je t'aimes tant tu sais, je t'aimes tant.



Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 20 mars 2009 5 20 /03 /2009 22:11
je me sens mère universelle, pieuvre tentaculaire qui étire ses tendresses au-delà des frontières. Les départs sont des vagues d'espérance, les arrivées des ports en fêtes, et l'entre-deux, je vole sur un nuage qui m'éloigne des uns pour mieux joindre les autres.

Deux petits garçons s'aiment, malgré tant de distance, ils sont les fils de mes filles et déclarent chacun, que l'autre est "son" cousin, unis par un amour impossible à mesurer par des kilomètres, ou du temps de voyage.

Certains disent "quelle malchance" ils sont loins...Parfois je me le dis aussi, ayant au fond de moi comme une tempête de chagrin, mal digéré, pas terminé. Pourtant, la distance n'est que le signe d'un ailleurs, où ils vivent chacun dans la joie d'une famille heureuse. Il m'arrive c'est vrai, de regretter de n'être pas cette grand'mère abusive, qui chaque mercredi, se "prends" les petits, qui, certains soirs de sorties parentales pourrait inventer le monde  de l'enfance, la complicité et les gateaux au chocolat. Parfois oui, il m'arrive de vouloir cette vie là...

Mais bien vite, je retrouves le sourire de Tom, sur la dernière photos, et son air pensif lors de notre visite au musée de l'aviation : nous n'avions ni l'un ni l'autre très envie de les voir ces avions, mais nous avons profité à fond de ces heures à nous, flanant derrière le bombardier, grimpant sur le faux hélicoptère, découvrant le bruit des avions de guerre,et repoussant la guerre, nous retrouvant avec sa mère, derrière une cabine à piloter... Dans ses yeux j'ai fait provision d'évasion, et dans ses mots, son cousin trouvait sa place : tu lui diras grand'mamie, à Joseph, qu'on a entendu les bruits des avions de guerre...mais tu lui feras pas peur, c'est pour du faux..

Je retrouve aussi, l'énergie fulgurante du petit Joseph, qui déclare  : "tom c'est chez moi qu'il viendra", et tu sais quoi Grand'mamie, moi j'ai trois ans etdmi.

Et je ris en pensant que bientôt, très bientôt, je me ferais un break chez  Cédric et Sophie, halte bienfaisante où je me pose avec amour, dans une débauche de films, de vidéos, de coups de coeur déco, de tendresse tout simplement.

ALors je n'ai plus envie du tout d'une autre vie, celle que j'aurais choisie, parce que celle que j'ai lors de ces visites au QUébec, et des retours en France, c'est la seule qui vaille la peine d'être vécue : c'est leur vie et c'est la mienne aussi.

Du coup, me voilà grand'mamie balladeuse, pleine de résolutions pour me remettre "en forme" : il faut prendre soin de soi si l'on veut à tout âge, grimper dans un avion, pour le rendez vous d'amour des enfants, des petits enfants.
Et plus tard, lorsque les avions seront trop compliqués nous inventerons nos rendez vous du "coeur", en pensant très fort que la distance n'est pas l'absence.....

Ce soir, je suis comme une étoile dont les branches touchent le monde, et vibrent à chaque coin de la planète où se cachent mes enfants.

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /2009 22:27

Il y a 11 ans, j'ai écrit ce texte, après le départ de ma fille et de son amour, pour un nouveau pays qu'ils se sont choisis. Aujourd'hui, en visite chez eux, et en ballade avec eux à Ottawa, je me dis qu'il est plus que jamais d'actualité...



Toute petite déjà elle ne rêvait que grands espaces, pays lointains et, le soir dans son bain, faisait rêver son frère en lui disant : 

Tu sais moi, je partirai loin, très loin et j’irai même très loin comme ….l’Italie… 

.En fait, l’Italie, c’est lui qui y a été, mais ceci est une autre histoire dont je vous parlerai peut être, un soir de nostalgie où le cœur d’une mère louve sera en mal de son petit loup ….Ce soir je vous parlerai de la petite louve, première en son rang dans une fraternité de trois.

 

Est-elle partie me direz vous ? OUI !!!!!!!

Elle est partie loin, si loin, très loin, trop loin parfois et pourtant toujours si proche, si terriblement là.

 

En fait, le cheminement qui est le leur a été long, avec des annonces du type : « allo maman, dis-moi, j’ai un truc très important à te demander, c’est grave, tu sais ». Mon cœur de mère s’affole, sont-ils malades, a t’elle des ennuis. » Tu dirais quoi si au Canada on demandait la nationalité canadienne ? Ouf, mon cœur se calme, et le rire qui répond à sa demande semble la rassurer. Mais bon, voilà comment mère d’une petite française on se retrouve maman et grand-maman de canadiens bon teint. On se refait une hérédité d’un coup de fil, car je gage que mon accord n’était que de principe, la décision semble prise.

 

Des démarches qu’ils entreprirent, je n’ai que le souvenir de grands espoirs puis de grandes déceptions, de confidences difficiles sur les décisions que cela engendre, de bilans et de plans d’actions écrit et mis en œuvre pour que tout se fasse en temps et en heures, et de joies magnifiques, d’espoirs insensés, de rêves d’avenir.

 

Comment vivent les parents de ces drôles d’enfants pour qui le monde est leur jardin ? Bon, je vais tout vous expliquer, car l’idyllique description d’Anne demande à être tempérée par la vision maternelle d’un départ annoncé . J’ai rédigé les dix commandements (qui sont devenus 15, désolée) de la mère de l’expatriée.

 

1.     Tu ne penseras ni n’exprimera que c’est aller bien loin pour se retrouver soi – même. Ceci est une expérience qui n’appartient qu’à l’expatriée, elle doit la vivre même aux dépends de sa mère éplorée.

 

2.     Tu chériras le bonzaï de l’expatriée et chaque matin tu te désoleras de le voir crever dans un coin : n’avait qu’à la suivre quoi , c’est vrai, non. Et tu offriras au ficus de l’expatriée la meilleure place dans ta vie  et chaque jour etc….non celui-là résiste encore, mais combien de temps ?

 

3.     De l’appartement de l’expatriée tu ne feras pas ton oratoire de souvenirs : s’ils t’ont donné les clefs, c’est juste pour que tu le vendes, pas pour que tu y retrouves l’odeur de l’expatriée, ni pour t’émouvoir sur les restes du frigo.

 

4.     Tu soutiendras l’expatriée dans chacune des étapes de l’obtention du visa en évitant de les laisser voir ton sourire en coin : quelques mois de plus c’est toujours bon à prendre.

 

5.     Tu participeras avec joie à la fête organisée pour l’obtention du visa en évitant de laisser voir le blues qui pointe en ton cœur de « louve de mère » à l’idée que son bébé louve a trouvé un territoire plus vaste.

 

6.     Tu recueilleras avec tendresse les émois, les coups de cafards, les angoisses des deux expatriés chaque jour trois mois avant le départ. Chacun son tour y allant de « j’suis déjà parti, c’est super » alors que l’autre se dit «  nos amis, nos meubles, nos habitudes, nos familles ouïe «  tout cela avec bien entendu une parfaite maîtrise de tes propres états d’âmes fluctuants : S’ils sont heureux, tout va pour moi, oui mais 6000 km et un océan c’est loin pour arriver si ca va pas, oui mais la joie et le bonheur qui les anime etc….. (Journal détaillé par étapes sur demande pour toute future mère d’expatriée….)

 

7.     Tu t’initieras avec application à icéqu, le wouaibe, internet et l’informatique sans juger ni tempêter : la machine n’est responsable que des clics que tu lui mets et l’expatriée n’y peut rien, son frère par contre pourrait m’aider un peu plus quoi c’est vrai, non mais, c’est pas parce qu’il est lui aussi expatrié (ceci est une autre étape de la complainte de la mère de l’expatrié, à suivre) qu’il faut me laisser tomber devant une machine hostile et complètement bornée . (il n'est plus à ce jour expatrié, mais 600 km c'est loin quand même :))

 


.  8 Au déménagement tu donneras le coup de pouce essentiel : sans problèmes tu recueilleras les invendus, et s’il le faut tu achèteras les invendables pour cause d’attachement ou autre.

 

9.     Et le jour du départ, la malle encombrante tu chargeras, le sourire aux lèvres et le cœur en berne.

 

10. Sans hurler tu accepteras que la chatte de l’expatrié te laboure la main quand tu aideras à lui donner le remède contre le mal de l’air : l’est trop vieille pour la saccager, l’est trop peste pour y remédier, l’est trop douce pour lui en vouloir.

 

11. Et lorsque tu les verras tout à coup, si vite,  lentement mais trop vite, s’élever par cet escalator lumineux, alors tu pourras laisser ton cœur rire et pleurer à la fois tout en fredonnant la chanson qui dit que « l’horizon est ta maison….. » Un destin se forge à la hauteur de leurs rêves, ils sont allés au bout de leurs rêves, rien de mal ne peut plus leur arriver………..

 

12. Et lorsque ta voiture reprendras, évites de passer par la case « faut que je passe chez l’expatriée pour ranger, nettoyer, récupérer l’aspirateur » parce que là je te jure, tu craques comme c’est pas possible, et non ils ne t’ont pas laissé les clefs pour nourrir ta nostalgie. Heureux, ils sont heureux, alors toi, t’as l’air un peu bête de vivre dans tes souvenirs alors qu’ils sont en train de te fabriquer un avenir………..(Pour « l’avenir », il a 9ans et des poussières. C'est lui qui m'a donné ma première leçon de "grand'mamie", me faisant passer de"mère" de l’expatriée à Grandmamie d'un petit Caribou, ce matin d’été où il nous est arrivé…..)

 

13. Une pendule tu achèteras, où tu écriras « Québec », ce qui pendant quelques temps déstabilisera le père et la sœur de l’expatriée jusqu’au moment où tu leurs dira que « c’est l’heure du Québec pour éviter de les réveiller en appelant chaque jour ».

 

14. Fidèle cliente des PTT tu deviendras, et chaque jour pesteras sur les clics qui ne cliquent plus, les sites qui se ferment, les messages « erreur fatale » qui condamnent ta machine à une mort certaine.

 

15. D’une bonne dose d’amour tu te blinderas, d’une bonne dose d’humour tu consommeras, et chaque jour regardera, le ciel ou les étoiles, puisqu’il paraît qu’il est le même ici et là-bas. Un pont sur l’infini qui nous relie, enfants du monde pour qui l’horizon est la maison….Je vous aimes.

 

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Lundi 2 mars 2009 1 02 /03 /2009 23:55


C'est une histoirer pour les enfants, les grands enfants, et les petits, écrite un soir de juin, pour Johanne, sur son blog, dans la chambre d'à coté.


Installons-nous autour du feu, le zèbre s'est endormi et la girafe aussi. Joseph depuis longtemps a fermé ses yeux, mais comme tous les petits garçons, ses rêves sont des histoires qui sont la vie qui sont un rêves qui est la vie qui est un rêve...Il était une fois le rêve de Joseph...

Un petit oiseau bleu (pourquoi bleu? et pourquoi pas?)Se trouve sur le chemin. Un oiseau qui marche c'est un peu maladroit. Il tangue, il avance, il picore, il sautille, il tente d'ouvrir ses ailes. Joseph le regarde sans bien comprendre : un oiseau qui marche, c'est un peu maladroit, c'est comme un zèbre sans rayures, où une girafe sans tâches. (Non, ne réveillons pas le zèbre, on est trop nombreux dans la pièce à côté).

Intrigué, étonné, Joseph s'avance un peu. L'oiseau est affolé, inquiet, fatigué. Il tente vainement de déployer ses ailes, et reste sur le chemin. C'est un rêve n'est-ce pas? En rêve tout est possible, Joseph peut être très grand, très fort ou très petit. Là il se dit qu'il lui faudrait, pour comprendre l'oiseau, devenir plus petit. Il se concentre fort, ferme les poings, devient tout rouge. Pfffffff. Le voilà si petit que l'oiseau lui parait un géant. Bon, raté pour cette fois, il me faut recommencer se dit-il : Pffffff. Ayé, tout juste la même taille, tout pareil et tout bleu (nan ce n'est pas un schtroumpf Joseph) aussi. L'oiseau bleu et l'enfant bleu se regardent : Celui qui tanguait, hésitait, se cognait au chemin devient tout à coup plus hardi, il s'approche du petit. Joseph tend une main, prends un bout d'aile, et doucement la déploie. Il tend l'autre main, prend le bout de l'autre aile et la déploie aussi.

Cahin-caha, l'oiseau bleu et l'enfant bleu avancent sur le chemin. L'un regarde devant, l'autre veille sur l'arrière, en tirant le premier, l'accompagnant dans sa difficulté.

Pourtant, le chemin est toujours aussi difficile pour l'oiseau. Il se dit que l'enfant est bien gentil, qu'il le soutient, mais comment pourrait-il voler avec quelqu'un qui regardes derrières?

Joseph baisse les bras, s'arrête, et médite un moment. Et oui, les enfants ça médite mais on ne le sait pas : quand on joue on médites, quand on est joyeux on médites, quand on est concentré sur les petites voitures on médite. Donc, Joseph joue avec des cailloux dans sa main et médites. L'un des cailloux ouvre grand son bec (et oui, dans les rêves les cailloux parlent et ont un bec, tout est permis dans les rêves), donc il ouvre le bec, et lui dit : gros ballot, te voilà tout petit, et tu fais comment maintenant pour que l'oiseau s'envole, tu lui mets un coup de pieds aux fe...es? (Non, dans les rêves on est pas obligé d'être grossier, mais bon, un gros mot de temps en temps....)

Joseph se dit : hum, hum, être petit et bleu, ça n'a servi à rien. On a avancé de quelques centimètres, on est très fatigués, et l'oiseau commence à me regarder de travers. Mais d'abord pourquoi il ne peut pas voler hein? J'y peux rien moi, chui pas un grand.

Hé???? chui pas un grand????Ben si, dans les rêves, on peut être grand. Pffffffff il se concentres, et bangggggggg, Joseph est trrrrrrès grand tout à coup. Il touche la cime des arbres. Ah zut, il est encore bleu. Pfffffffff, je choisis quelle couleur là, tout de suite, pour maintenant? Rouge? Heu c'est un peu hard comme couleur, c'est bien pour agir, pour aller de l'avant, mais pour aider un petit oiseau bleu...Alors, jaune peut être, comme le soleil : ca réchauffe, et les plumes s'ébouriffent au soleil. Mais jaune et bleu, ca va ensemble? Ca fait du vert. Le vert c'est la couleur de l'amour universel il paraît. On essaie. Pfffffff Le voilà d'un beau jaune soleil. Joseph est immense et jaune soleil.

BOn, oiseau, tu m'entends....Et là, l'oiseau terrorisé, ne peut que faire un "cui" timide, même pas un cuicui comme un oiseau en bonne santé, sûr de lui, juste un "cui". Il se plaque à terre, et ne bouge plus d'une plume.

Ben cé moi l'oiseau, tu ne vois pas. Chui tout jaune pour que ton bleu devienne vert, que tu puisses voler, que.....vient quoi. Et il tend une main pour prendre un bout d'aile. Mais la main est si grande, si grande, qu'il ne peut rien faire sans risquer de blesser l'oiseau. Finalement, l'oiseau se rassure, et grimpe dans sa main.

Ils avancent sur le chemin, l'oiseau ne dit plus rien, et au fur et à mesure qu'ils avancent il devient terne, d'une vert pâle triste, et le jaune de Joseph est tout terne aussi. L'un et l'autre sont frustrés :l'oiseau ne vole toujours pas, et Joseph se voit condamner à marcher avec un oiseau handicapé. Finalement être grrrrand et jaune, ce n'est pas non plus la bonne solution.

Alors Joseph s'arrête et s'assoie sur une pierre de mousse (ouiiiiii d'abord, en rêve les pierres sont de mousse aussi).IL pose doucement l'oiseau bleu sur le chemin et il médites en traçant sur la terre des arabesques de routes pour les petites voitures. AYéééé, je SAIS. Je dois apprendre moi à voler pour lui apprendre à lui. Mais pour bien lui apprendre, il me faut faire le même poids que lui, et garder ma couleur à moi. Faire le même poids pour ne pas l'induire en erreur : je dois m'adapter à lui. Et garder ma couleur, pour que mon esprit reste aussi vif, pour pouvoir lui transmettre, car si je prends sa couleur, je prends son esprit et comme lui ne sait pas voler....C'est la quadrature du cercle ce truc.

Bon, alors un grand Pffffff pour reprendre ma belle couleur à moi (il est comment Joseph hein? C'est qui qui sait comment est Joseph : demandez à Aghui quand les guilis du matin courent sur sa peau tout chaude, Joseph est comme un pain tout frais, sa peau a la couleur du miel clair, et il sent le bébé chaud.)Donc le Pfffff étant fait, il lui faut maintenant, faire un autre grand PFffffff pour reprendre la taille et le poids du petit oiseau bleu.

Voilà Oiseau ce qu'on va faire, je vais monter dans l'arbre, et sauter. Reste en bas et regardes. Après c'est ton tour hein, regardes bien.

Branche après branche, il monte en s'écorchant les genoux, les bras, la figure. Enfin, le voilà tout en haut. Il respire très fort, et oui, il se souvient qu'il est "en rêve", donc tout va bien, et FFFFFFFFFF....il saute. Et Plaf il tombe comme un caillou pour atterrir sur les cailloux mousse ouf...L'oiseau rigole un peu sous une aile....c'est drôle ce petit gars si fier qui vient de se scratcher sur une grosse boule de mousse. Joseph est furieux, il grogne et peste : t'a qu'à te débrouiller enfin, t'a même pas regardé.

L'oiseau vient doucement vers lui, si si je t'ai regardé, mais moi tu sais, je ne pourrais jamais tomber comme ça, j'aurais trop peur, té quelqu'un de courageux...

Bon, Joseph se lève, enlève les brindilles de ses vêtements, et regardes son pote l'oiseau bleu. Dis donc toi, t'a un avis sur comment je peux t'aider à voler? Parce que moi tu vois, vu que je ne sais pas voler, j'ai du mal. J'ai tenté d'être comme toi, de ressentir comme toi, et ça n'a pas marché. J'ai tenté d'être plus fort, plus grand, et de faire ce que tu devrais faire, et ça n'a pas marché, alors tu vois, je ne sais pas quoi faire pour toi. Je me sens inutile, impuissant, je voudrais tant t'aider.

Ben tu sais dit l'oiseau, doucement, je me demande en fait si je ne sais pas voler. Je crois que je sais, mais je ne savais pas que je savais. Peut être que si on en parlait, que tu m'expliquais par exemple comment toi tu a fais pour apprendre à marcher, je trouverais comment moi je peux apprendre à voler.

Joseph s'est penché, a pris l'oiseau dans sa main, lui a dit plein de choses dans son oreille d'oiseau, l'a caressé doucement, l'a bercé un peu aussi. Il a pris le jaune du soleil pour lui chauffer le cœur, le vert de l'amour pour partager son âme, le bleu de l'oiseau pour la liberté et...il l'admire encore, là, maintenant, parce que Joseph lui, IL DORT....

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Confiance en soi
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