"Etre enchanté c'est réveiller en soi quelque chose qui chante"

                     François Garagnon


Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 16:44
Au hasard de mes rangements du jour, je me retrouve comme une quiche devant : une lampe rouge dont la lueur réchauffe l'hiver, un écritoire en bois qui craque quand on l'ouvre et un coeur en cristal, bien caché dans sa pochette...Je fonds en larmes...Comprennes qui pourra, mais je vous le dis moi, les enfants quand ils se séparent laissent des traces ailleurs que dans leur propre univers.

Nous les parents, sommes les témoins éloignés de leur amour naissant. Prudents, nous attendons puis vient un jour où ils se décident, alors sans réserve, nous donnons la tendresse, l'affection, et la complicité à ce nouvel enfant qui vient agrandir la famille.

Ensemble ils ont choisis ces cadeaux à la Prévert, marquant ainsi chaque fois leur passage d'une empreinte de tendresse. Alors oui, ce soir, je nostalgise devant ma lampe rouge, mon coeur de cristal et mon écritoire qui craque.

Puis je souris devant ces témoins muets d'une bien belle histoire qui a fait naître un si beau petit garçon, je souris en caressant le bois de l'écritoire, me disant que j'écrirais encore longtemps à ce petit garçon, en utilisant les cartes d'enfants bien rangées dans l'écritoire. Je souris en replacant la lampe devant la lumière, et je pose doucement le petit coeur en cristal.


Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 /11 /2009 11:48

Je viens de découvrir les nouveaux titres de Serge Lama, et là, tout d'un coup, une floppée de souvenirs me prennent à la gorge.

Nous étions quatre dans la famille, quatre enfants, trois gars et une fille, et le petit dernier, Jean-Pascal avait 15 ans de différence avec moi. C'était un peu mon ptit loup d'enfance, ma tendresse et de grands éclats de rire. Tous les deux étions fans de Serge Lama. Ma première découverte en "salle" fut une réunion des frères, soeurs, beaux frères, belles soeurs à une matinée de Napoléon. Et ce gamin là, déjà bien adulte, se levait et chantait avec une telle force,
un tel bonheur que chaque fois que j'écoute ces airs là, il me revient en plein coeur.

Un voyage aussi, Lyon/Paris dans ma voiture et moi pour le réveiller, je chante : "je suis un homme". Il s'esclame : ma pauvre soeur, ça tu vois, jamais tu pourras, et puis c'est faux, écoutes moi...500KM sur l'air de "'Je suis un homme" de sa voix éclatante, j'en ai les oreilles qui résonnnent encore :)

Bien plus tard, voilà qu'il m'appelle : Bibiiiiiii "IL" passe à Paris, mais j'ai pas de sous pour le train! Ce fut une soirée tendresse, chants à tue tête tous les deux, devant l'assemblée un peu ébahie de ce grand gars si plein d'énergie et de sa frangine déchainée...A la sortie, j'ai acheté le cd, puis je lui ai offert. Il a eu un moment le regard mouillé, puis est parti d'un grand rire, en me disant : "de toutes façons tu chantes faux alors, tu viendras juste l'écouter chez moi"!

Bien plus tard encore, Serge Lama a fêté ses 60 ans sur scène, mais il n'était plus là pour l'écouter, alors, mon "grand" frère et moi, sommes allés savourer le chanteur, sachant que derrière nous, un grand gars rieur chantait à tue tête des titres que je ne connaissais pas encore.


Et aujourd'hui j'entends, que de nouveaux titres s
ortent...
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Vendredi 30 octobre 2009 5 30 /10 /2009 19:12
Toute la semaine, elle a trainée une angoisse diffuse, tellement palpable, que le petit en a été parfaitement conscient. Il a manifesté lui-même, en réponse à sa mère, les signes du refus, du rejet, du besoin de son père.

Ce soir elle s'en va dans la nuit au rendez vous inique, où deux femmes entre elles, feront pour l'enfant, le pacte de la confiance...

Elle a passé une journée inquiète, et ce soir le départ ne voulait pas se faire. Elle a pris les câlins de son fils en écharpe et tous deux ne parvenaient pas à refermer la porte.

Elle marche dans la nuit, vers ce rendez vous impossible. Comment décrire en quelques heures, qui est son fils, comment il rit, et de quoi il a peur, ses inquiétudes, ses questions, et ses joies éclatantes? Et d'abord pourquoi imposer à l'enfant le confort des adultes?

Le coeur lourd elle marche dans la nuit, elle est forte, courageuse, et se dit prête à faire de cette rencontre quelque chose de bien. Mais son âme, elle, pleure doucement.


De
main, elle prendra sa voiture, son fils et puis le sac, et puis le chat aussi qui restera là bas..Dernières caresses...

Elle conduira, sourire aux lèvres et coeur en berne, obligée encore et encore de faire le deuil d'une vie pour aller vers une autre.


Premier week end avec papa, le petit s'inquiète et recule l'échéance, tout en demandant chaque soir : je veux parler à mon papa.

ALors elle craque parfois, ne sait plus comment faire, puis courageusement, relève la tête, avance, parce que le fracas de son âme est comme un ouragan qui balaie la colère et lave la tristesse, il ne laisse la place qu'à tous les possibles.

Elle marche dans la nuit, ma fille, ma toute petite, mon amour, ma tendresse, et moi, je voudrais la serrer contre moi, et lui dire comme dans son enfance : "c'est finit mon amour, le chagrin c'est finit"...
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /2009 20:51
Combien de fois je me surprends à faire ou à défaire, ce qui appartient à d'autres. Par souci d'aide, de rapidité, de sollicitude, d'efficacité, par souci de bien faire, de soulager, d'éviter la peine ou les ennuis...par besoin d'implication maximum, par souci de rentabilité...

Dans mon travail au quotidien, je rencontre aussi des collaborateurs qui pallient aux manques de leurs managers, des managers qui font à la place de leurs collaborateurs, des collègues qui "prennent" sur eux et compensent soi-disant les erreurs d'autres collègues...



Quel est le processus qui se met en place lorsque nous tentons de prendre à l'autre ce qui lui appartient :

1 Nous constatons avec parfois de l'agacement, une erreur, un blocage qui va nous mettre en difficulté.
2 Nous tentons d'en parler
3 Nous constatons l'inefficacité de nos communications
4 Nous abandonnons avec frustration la communication et
5 Nous décidons que "ca ira plus vite et mieux" si je le fais!!

Conséquences :

Je suis frustrée, parfois en colère rentrée, impatiente
Je me positionne en "sauveur" et je prends le pouvoir tout en trouvant de "bonnes " excuses à l'autre
J'effectue le travail
J'attends inconsciemment une reconnaissance
Je n'ai pas de reconnaissance
Je suis frustrée et je deviens "persécuteur" en insistant lourdement sur mon rôle, ou en notant les difficultés de l'autre bruyamment.
L'autre se défend, utilise des arguments parfois agressifs, et je deviens victime en me plaignant amèrement d'une situation que...j'ai crée!!! Pour recommencer dès que la situation se reproduit....



Que faire?

1 Se poser la question : est ce de ma responsabilité? NON
2 Comment communiquer avec la personne responsable? Apprendre à dire NON, apprendre à s'exprimer sans agressivité mais avec assertivité : je m'exprime calmement mais fermement, avec des FAITS et non des OPINIONS!!! Le jugement entraine la déstabilisation de la communication.
3 Je demande un plan d'action : qui fait quoi, quand, pour quand, comment, ou...
4 Je suis le dossier jusqu'à son terme et....
JE DIS MERCI!!!

Facile à écrire, moins simple à mettre en œuvre.

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Communication
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Lundi 12 octobre 2009 1 12 /10 /2009 09:25
Le vent souffle au paradis des lézards , il lave les peines et les chagrins, laissant comme un message de soleil au coeur des absences...Eric, tu t'es endormi à notre vie, partant dans ces jardins inconnus, rayonner ta force et ton amour sur tous tes amours.

Le vent souffle ce matin, et me dit que le chagrin est comme des bulles de tendresse pour toi, il ne dit pas que la peine doit se contraindre, il dit simplement que laisser aller les larmes sur nos visages n'est que le reflet de l'amitié, de l'amour que chacun te porte.

Le vent souffle au par
adis des lézards, il emporte sur le Vésinet, comme un air d'énergie, de force, de sérénité, de cette force joyeuse que tu incarnes si bien.

Le rire et la force...

Le vent souffle ce matin, et le ciel est d'un bleu métallique, comme fait à la matière des étoiles, qui brillent parfois en secret, ce ciel qui est partout le même dans le monde entier...Parfois je me dis que vous qui partez dans ces jardins inconnus, vous allumez les étoiles inconnues pour nous, veillant jour après jour sur l'enfant qui grandit, la vie qui fait son chemin, le destin de ceux que vous aimez. Je ne sais si c'est ainsi là où tu pars Eric, je ne sais, pourtant, j'ai eu dans ma vie tant d'étranges étoiles intervenues à des moments cruciaux, que je me dis oui, que tu vas allumer les étoiles pour tous ceux qui aujourd'hui lavent leur chagrin au vent du paradis des lézards...

Du paradis des lézards, avec le vent, vole vers toi Eric, la petite flamme d'une bougie, te disant comme j'ai aimé notre conversation, ton rire, ta rassurante présence, tes interrogations. Le vent te porte et te libère et me laisse au coeur une nouvelle présence.

Nous ferons autour de ta famille un cocon d'amour, nous vivrons dans ta présence, sachant bien que de tes jardins inconnus, tu veilles...

Le vent souffle sur petit banc ce matin, et le bleu du ciel étincelle...
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Jeudi 8 octobre 2009 4 08 /10 /2009 09:55
D'aussi loin que remontent mes souvenirs, je crois que j'ai toujours aimé "faire pousser" des graines, des plantes et....des enfants...

Lorsqu'enfant, nous devions poser une graine dans un coton, j'étais fascinée par l'éclosion de ce brin vert, c'était comme magique, étonnant, mystérieux. Ensuite j'ai délaissé les plantations pour d'autres occupations, et lorsque mes propres enfants ont rapportés eux-mêmes, les graines et les cotons, nous avions déjà un petit jardin où je plantais tout ce que je trouvais. Il y eu un palmier de Sainte Maxime,recueillit tout petit, qui chaque année, vaille que vaille, développait sa palme, il y eu les graines d'oranges amères, de Sainte Maxime aussi, qui poussaient ardamment sans jamais montrer la vélléité de la moindre orange, il y eu aussi de ces petits arbustes aux baies rouges, ramenées de nos ballades et toutes sortes de plantes étonnantes.

Chaque évènement important de ma vie est marqué par une graine, une plante, une fleur. Parfois elles sont vivaces, semblant vibrer à mes côtés, parfois elles laissent la place, comme un relais à prendre...

Aujourd'hui, je vais planter des dattes de SaIdia, et des pignons du Muy, graines de l'amitié, fleuriront-elles un jour? chacun a son symbole, sa signification, puis lorsqu'elles s'éclatent elles vivent leur propre vie. Et un jour peut-être, l'une d'entre elle parlera d'une fondue qui plantait des dattes de saïdia et des pignons du Muy.

En ce moment, dans ma "couveuse à graine", tentent de pousser quelques boutures ramassées cet été dans un jardin d'Hyères. Là aussi, symbole de vie pour un jardin de convalescence...

J'aime planter des fleurs, des arbres et des graines. J'aime attendre, me dire que j'ai fait tout ce qu'il fallait et que le reste est entre les racines de la plante elle-même, j'aime regarder grandir les fleurs, les enfants et parfois même...les adultes.

Lorsque je plante une fleur, une plante, un arbre, il y a une intention très forte de vie. Il m'arrive d'imaginer que si la plante grandit, l'intention grandira aussi; Peut-être? et pourtant il m'arrive de soigner comme une follle la petite fragile qui baisse le nez dans son coin de jardin, lui offrant le soleil, la fraicheur, un peu d'amour aussi...parce que je ne peux m'empêcher de faire le lien entre la fleur et la tendresse.

Alors aujoud'hui, je vais planter des dattes de Saïdia, et des pignons du Muy. Je les soignerai avec tendresse et tout particulièrement, trois d'entre elle pour Eric du Vésinet, Aymeric de Bretagne et Mireille du Muy...

 

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /2009 10:05
Depuis quelques mois, le mot de Management prend des allures d'interjection, voire parfois d'insulte. Comme si le fait de "manager" des hommes devenait une position de mauvaise presse...

Pourtant moi, j'en connais de ces hommes et de ces femmes qui exercent cette position avec éthique, humanité et recherche du mieux pour leur équipe. J'en connais de ces hommes et de ces femmes qui font grandir leurs collaborateurs, faisant parfois oeuvre d'éducateur plus que de manager .J'en connais de ces hommes et de ces femmes qui prennent le temps de leur vie personnelle pour "etre avec" plutôt que de "faire faire". J'en connais oui.

Alors pourquoi faut-il toujours se retrouver confronté au pire de ce qui peut exister : le harcèlement, le petit chef, la froideur au service de l'économie, le harcèlement inhumain?

Tout simplement parce que nous aimons nous faire mal, nous ne savons pas trouver ceux qui cherchent le mieux, nous préférons regarder ceux qui font le mal. Je sais que la critique peut être salutaire et, dans certains cas, elle est même une sauvegarde pour les employés, pourtant, j'aimerais parfois que l'on mette en avant, aussi, tous ces hommes et toutes ces femmes qui, humainement, avec humilité, font grandir leurs collaborateurs, dans la dignité et le professionalisme.

Oui j'en connais de ces hommes et de ces femmes, et j'aimerai un jour, vous les présenter. Peut-être le ferais-je au fil d'une chronique...

En attendant, bonne journée à tous, et que le management soit pour vous, une ressource et non une contrainte...
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Management
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /2009 18:42
Le cœur des mères se liquéfie, devient tempête, ravageur et impuissant. Les larmes de  ma fille, secouée de sanglots, seule au fond du jardin, à la fin de l'été...Les larmes de son fils, à l'orée de l'automne, qui perd ses copains, sa maitresse, et puis la main de Lou...Du fond de la souffrance je sais moi, qu'il y a, comme un éclair, une petite étoile, un espace minuscule qui construit l'avenir. Pourtant, non, jamais, je ne pourrais supporter les larmes de mes enfants, de mes petits enfants. C'est ma fragilité, mon talon d'Achille, ma faiblesse Lorsque pleurent nos enfants, le cœur des mères devient fragile.

Aujourd'hui ils pleurent, et demain sera bleu, jaune, éclatant, de rires et de jeunesse, d'espoirs aussi. Pourtant, une blessure est là, qui ne s'éteindra pas. Et je n'aime pas, vraiment pas, que ma fille vive cette déchirure : les larmes de son fils.  Je voudrais parfois prendre cette souffrance, l'éviter, l'évincer, la chasser. Mais ils grandissent nos enfants, et il leur faut affronter à leur tour les larmes de leurs enfants. Je n'ai pas le droit de prendre, d'éviter, d'évincer ou de chasser ce qui leur appartient.

Alors du fond de ma mémoire, j'irais chercher la tendresse d'une grand'mère pour prendre la main du petit, la tendresse d'une mère pour bercer la grande, le rire de la jeunesse, les histoires d'enfance, tout ce "fatras" de grand’ mamie, dans son rôle, à sa place...sur le fil du rasoir, évitant de prendre ce qui ne m'appartient pas, trouvant les mots qui font rebondir, qui donnent le sourire, les jeux d'enfance qui fabriquent les souvenirs.
Facile d'écrire, moins simple d'être en toute authenticité disponible sans envahir, à l'écoute sans intrusion, inquiète sans peser, attentive simplement...

Quand pleurent nos enfants, le cœur des mères s'affole : comment calmer la folie qui s'installe alors qu'ils ont besoin de tant de sérénité? Serais-je à la hauteur? Je sais que certaines théories nous parlent de "résilience", et tout ce baratin. Intellectuellement, ca me va, mais franchement les mères, ca vous dit quoi à vous de voir pleurer vos enfants? Ca vous rassure de savoir qu'ils "peuvent" se construire sur leurs épreuves? Au moment du chagrin, c'est la rage qui envahit, puis la tristesse aussi, malgré toutes les théories, quand pleurent nos enfants, le cœur des mères lui rugit...
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /2009 16:42
Le premier dont je me souvienne, était autour d'une "petite maison grise". J'avais 5 ans je crois, car le souvenir qui me revient c'est une allée de graviers, assez longue pour apprendre à faire du vélo et mon père qui me lance, me soutient, m'encourage et...me lâche. Moi, à toute vitesse, sans prendre le temps de savoir comment on s'arrête ..chute..mais quelle fiertée, une première fois sans les "roulettes"..pemiers genoux couronnés!!

Le second jardin qui m'habite est celui de mes grands parents : une grande maison, entourée d'un parc dans lequel mon grand'père avait planté des arbres de toutes essences, des iris plein les massifs, des rosiers devant la maison, un  marronier avec la table pour le gouter...Au fond du jardin, un immense sapin sur lequel les 12 cousins et cousines grimpaient de branche en branche : tout en haut on était les rois du monde.

Pour le vélo c'était génial : il y avait la "grande descente" dans laquelle mes frères et cousins installaient des tremplins, nous nous lancions ma cousine et moi comme des dingues, cobayes des garçons qui eux, la plupart du temps se défilaient.

Il y avait la "petite descente", qui passait devant la cuisine, avec ma grand'mère qui sortait en criant : "pas si vite, tu vas tomber" Et paf, vive la prédiction!!! Que de chutes sur ces cailloux monstrueux...Mais quelle adrénaline de s'élancer chaque fois en se disant que oui, cette fois, on irait encore plus vite.

Il y avait aussi le jardin du fond : un sentier entre les buis où nous testions les voitures fabriquées par mon frère. Que de chutes, de robes déchirées, de fous rires et de larmes. Là était un buisson de framboise que l'on massacrait en tombant en plein coeur.. Un chataignier aussi, et les légumes de mon grand'père...

Il y avait le poulailler ou chaque matin nous allions porter à manger aux poules, les oeufs du matin, un régal...Il ya avait les cousins, les cousines, ma grand'mère, la tendresse, la rudesse...

Le troisième jardin où je flane parfois, est celui de la maison de mes parents : 13 chênes, une grande prairie, un potager plein de merveilles et ma mère, le derrière en l'air, penchée sur ses trésors, nous préparait les légumes du soleil, ceuillis avec amour, cuits avec tendresse.

Il y avait les poiriers, et le souvenir de nous deux, toi et moi, seuls au monde regardant le ciel...

il y avait le vieux landau que maman avait retapé pour son petit dernier : quelles rigolades lorsque nous te promenions la dedans Jean-pascal, tu riais aux éclats comme tu as toujours fait, déjà tout petit ton rire nous éclatait aux oreiles, et ce vieux landeau bleu indigo, comme on l'a préparé avec amour.

Il y avait un prunier derrière la maison, plein de prunes soleil, dont les abeilles se gavaient. On leur laissait le prunier, parce qu'une abeille à la maison, c'est du bonheur disait maman.

Il y avait le vieux puit à main : une pompe pour monter l'eau, une eau trop délicieuse. Souvenirs de mon père chaque matin qui pompait, qui pompait, un vrai shadock!!Et nous les "grands" on riait, de le voir regarder avec amour,  maman assise sur le petit banc de pierre, qui soignait les pétunias. Et oui, les pétunias : grands habitants de la maison, partout ils poussaient et jamais on ne s'en lassait.

J'avais 15 ans, le blues de l'adolescence dans la chaleur de l'été, je me souviens de ces après-midi toute en langueur, où je découvrais le monde avec un "transistor", radio qui captait le monde entier...

Un autre jardin habite mon souvenir : De gands eucalyptus, une allée qui n'en finit pas, un parc plein de mystères où couraient mes petitsf... L'odeur des eucalyptus qui ne me lâche pas, je cherche sans arrêt mes souvenirs dans cette odeur d'été. Ma toute première qui, à six mois découvre ses grands parents, et toujours l'odeur entetante des eucalyptus, mon ptit gars qui galope à l'assaut de la citerne, nous étions inconscients de laisser ces deux enfants courir ainsi, mais quelle magie...


et vint le petit jardin de chatou, ma maison, mon refuge, le nid de mon troisième bébé : du jour ou tu as dit : on n'aura pas de nouvel enfant tant qu'on n'aura pas une maison, je n'ai eu de cesse de la trouver...En trois semaines elle fut trouvée. Petite maison biscornue, pleine de nos joies, de nos chagrins, de nos vies. Jardin nu et triste qui devint peu à peu un ombrage  protégeant mes petits, jardin lilas, jardin rosiers, jardin poissons....combien de fois je me suis assise dans ce petit jardin, laissant aller mes pensées, puis reprenant le collier d'une vie intense. Et jardin qui fut aussi le refuge d'une "presque quatrième enfant", mon canard vert écorchée de la vie...oui je sais les poissons ont valsés à cette époque, Bouddha le chat : je t'ai vu!

Enfin, le paradis des lézards qui se voit en mutation perpétuelle, fleurs parfois, arbres souvent, herbe l'automne, cailloux l'été, il est le jardin de mes petits fils, né avec Tom. On ne s'y trompe pas d'ailleurs : à coté du petit banc de pierres, le tracteur se repose, le tobogan souffle un peu, et le bac à sable n'attend que la pelle de Joseph...Une histoire qui dure encore...




Mes jardins, souvenirs vivants, s'éclatent comme une bulle d'énergie : lorsque plus rien ne va, que tout me parait insurmontable, je me promène dans mes jardins et j'y trouve toutes les énergies utiles pour aller de l'avant, faire face, repartir...Nos souvenirs sont nos plus belles ressources, a condition toutefois de ne se "recharger" qu'en souvenirs précieux, forts et joyeux...

Par Michelle Bourgoin - Publié dans : Stress
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /2009 11:51
se demande ou est Joseph,

le ballon attend encore TOm,






















le playmobil pensif, tourne le dos à la piscine,














Peut-être que demain, Grand'mamie jouera avec le petit bâteau triste, puis doucement, le remettra dans son casier avec ses potes jouets pour la prochaine fois.

Tout passe si vite qu'on ne sait pas profiter de l'instant, on se laisse emporter par la frustration de la fatigue, l'énervement du quotidien, la pression du matin...Puis le temps passe et on se dit qu'on est bien ridicule avec notre grande maison vide.

Tom te voilà reparti dans ton pays des caribous;J oseph, ce matin, tout fier, tu a repris le chemin de ta maison : je vous aimes mes loupiots, chacun et tous les deux, fort et doucement, avec tendresse et passion. Alors, dites vous bien que les jouets ne seront rangés que pour mieux s'éclater plus tard, encore, bientôt.

Quand à vous les "grands" pas si grands que ça, je voudrais juste vous dire ceci : l'amour n'est pas ce qu'on en voit, ce qu'on en interprète chez les autres, l'amour c'est une main complice qui vient se poser sur une épaule un jour de grande fatigue, l'amour c'est un mot tout simple, dit à un moment où on ne l'attend pas, l'amour c'est un chemin long et ardu qu'on ne peut vivre qu'à deux, sans laisser à quiconque un droit de regard sur ce qu'il est, l'amour, c'est un instant, un jour, une année, dix ans, vingt ans, trente ans, quarante ans de chemin où chaque fois tout est remis en cause, sauf l'engagement pris de ne pas céder à la facilité d'une fuite ou d'orages inutiles. Juste pour vous dire, qu'à deux, on se les rangera ces jouets et que chaque jour, nous reconstruirons ce qui fait une famille, comme nous l'avons fait depuis quarante ans. Donc pas d'inquiétudes pour les Grands parents, vivez votre vie à fond, soyez attentifs l'un à l'autre, construisez quelque chose dans la durée, la tendresse et la confiance. On vous aime TOUS.

A bientôt les enfants, nous on file dormir, et profiter du petit bâteau qu i s'ennuie....
Par Michelle Bourgoin - Publié dans : LA VIE tout simplement
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